(Crédit : Twitter)

Le temps des procès et des polémiques : Al Dura, la chronique de Michel Zerbib

Une affaire de portage télévisuel d’une scène de conflit qui très tôt va générer la controverse particulièrement en France et entraîner des conséquences mondiales en terme de retour de l’antisémitisme. L’idée que les Juifs et L’Etat d’Israël aurait sciemment assassiné un enfant palestinien innocent dans les bras de son père qui tentait de le protéger lors d’échanges de tirs entre Forces de sécurité palestiniennes et l’armée Israélienne, va devenir le symbole d’un antisémitisme légitimé et décomplexé.

Ainsi, deux soldats israéliens égarés dans les territoires sont lynchés par une foule palestinienne dès octobre 2000 (on de souvient de ce Palestinien montrant ses mains ensanglantées après le massacre justifié par la mort de Mohamed Al Dura). La décapitation du journaliste américain Daniel Pearl sous fond d’image de l’enfant palestinien jusqu’à l’épopée terroriste de Mohammed Merah tueur d’enfants juifs pour disait-il «venger le sang des enfants palestiniens » pour ne citer que ceux-là parmi les milliers de cas d’antisémitisme depuis plus de 20 ans au nom de l’enfant palestinien tué.

En 2003, cet homme d’affaires parisien et militant pro-israélien Philippe Karsenty rapporte en France un exemplaire du film de la (Ména, dirigée par Stéphane Juffa) et s’en sert en partie pour construire sa propre version. Pour la Ména et Karsenty, la scène est une fiction créée de toutes pièces par les Palestiniens. Karsenty bénéficie du soutien de l’écrivaine américaine Nidra Poller et il suscite l’attention des milieux néoconservateurs américains sur l’affaire. Un universitaire proche de Karsenty, l’historien Richard Landes « spécialiste des peurs millénaristes », exploite à son tour le film de la Ména. France 2 affirme en retour que les images sont authentiques, que l’enfant est bien mort et que l’ensemble de la bande filmée le prouve, mais que l’intensité dramatique de la scène d’agonie interdit déontologiquement sa diffusion complète. Sur cette nouvelle brèche dans le récit de la chaîne de télévision, les détracteurs de Charles Enderlin, en première ligne en France Karsenty vont s’engouffrer. Charles Enderlin, rappelons le, n’ayant jamais été sur le terrain et a fait confiance jusqu’au bout à son cameraman palestinien plutôt militant engagé.

A ce moment là, en France, l’affaire semble entendue pour la presse et l’opinion publique : les Israéliens sont les responsables de la mort de Mohamed Al Dura et les thèses d’une mise en scène sont qualifiées de complotistes.

Pourtant sur Radio J, très tôt, la directrice de l’information de France 2 Arlette Chabot le 16 novembre 2004 à mon micro déclare qu’il est évident selon elle que ce ne sont pas les israéliens qui ont tiré sur l’enfant et en off me dira qu’elle aimerait bien que « Charles Enderlin se taise car chaque déclaration de notre journaliste et de son cameraman nous rajoute des problèmes ». Je serai conduit d’ailleurs à témoigner dans l’un des procès faits à Actualité Juive et Philippe Karsenty par France 2 et Charles Enderlin. Ma déposition sera considérée comme authentique et factuelle par le journaliste franco-israélien même qui perdra ce procès en diffamation.

Mais, l’affaire est loin d’être terminée et nous évoquerons bientôt les étranges déclarations du père de Mohamed Al Dura sur des blessures qui lui auraient été infligées par Tsahal et ses cicatrices montrées à la presse internationale comme preuve irréfutable selon France 2 de la réalité de la scène de guerre. Un médecin Israélien va révéler être l’auteur de cette opération chirurgicale effectuée … 4 ans auparavant ! De quoi relancer de plus belle la thèse de mise en scène de ce crime supposé commis par Israël ! Et des procès en cascade !

Michel Zerbib