La Radio Juive

Israël a besoin d’un Dôme de Fer sur les réseaux sociaux

(Crédit : DR)

Les deux terroristes palestiniens qui ont assassiné trois Israéliens le 5 mai à Elad, n’ont pas cherché loin leur source d’inspiration. Et tout le monde a compris que les armes qu’ils ont choisies pour commettre leurs meurtres étaient tirées de la harangue prononcée il y a un peu plus d’une semaine par Yahia Sinwar. Depuis Gaza, le chef du Hamas avait appelé les Palestiniens, les Arabes israéliens et ceux de Jérusalem à se saisir de toutes les armes possibles, « armes à feu, couteaux ou haches, pour aller tuer des Juifs ». Ce n’est pas la première fois qu’une attaque terroriste est perpétrée avec une telle arme, mais le choix des deux terroristes n’est certainement pas une coïncidence.

Le Hamas a su exploiter l’engouement des jeunes pour les réseaux sociaux et investi les plateformes accessibles pour y diffuser sa propagande. La radicalisation islamiste est devenue le thème le plus attractif, loin devant le nationalisme et ratisse aussi beaucoup plus large, au-delà du seul public palestinien. L’organisation palestinienne a repris à son compte le slogan « Al Aqsa en danger », créé il y a une vingtaine d’années par le Mouvement islamique arabe israélien. Plutôt que de mettre en avant le nationalisme palestinien, le Hamas a choisi de mettre l’accent sur le Mont du Temple, en accusant Israël de vouloir reconstruire le Temple à la place des mosquées. Et on a déjà pu mesurer au printemps dernier l’étendue de son efficacité, quand les émeutes, parties de Jérusalem, avaient essaimé vers les villes à population mixte, jusqu’à la confrontation directe avec le Hamas durant l’opération « gardien des murailles ». En concentrant le cœur du conflit sur un unique aspect religieux, l’organisation terroriste alimente et optimise la haine. Et là encore, c’est de la récupération de techniques de propagande existantes, puisque c’est sur ce modèle que Daech ralliait déjà ses partisans dans les années 2000.

Parallèlement à son arsenal de roquettes, le Hamas a développé une véritable industrie de propagande, qui utilise la dynamique horizontale des réseaux sociaux, en l’alimentant et en fournissant des thèmes d’inspiration à leurs utilisateurs. Ce qui a l’avantage de lui donner une diffusion très large, sans avoir besoin d’une infrastructure organisée sur le terrain. Le format de plateformes comme TikTok permet de relayer très rapidement des messages sous forme de vidéos, de caricatures, de photomontages. Même la vidéo de la capture des terroristes d’Elad a été retouchée par des activistes pour effacer les traces d’épuisement et de peur sur leurs visages et leur donner l’air de défier les policiers israéliens, exactement comme cela avait été le cas avec la vidéo d’un terroriste recapturé après son évasion de prison en septembre dernier.

Ce front virtuel doit devenir une priorité pour la défense israélienne, car il est désormais un véritable creuset de terrorisme. Faute de pouvoir le bloquer, il faut en tout cas traiter la masse de données qu’il comporte pour localiser leur source, établir le profil des terroristes potentiels et si possible les repérer avant leur passage à l’acte. D’autant qu’il s’agit à la fois d’une entreprise de recrutement terroriste, mais aussi de démoralisation dirigée contre le public israélien, en amplifiant son sentiment de peur et d’insécurité, objectif premier du terrorisme. C’est un nouveau Dôme de Fer qu’Israël doit mettre au point, cette fois contre l’incitation terroriste.

Pascale Zonszain

LE 09-05-22 - 09:31