La Radio Juive

4ème dose généralisée en septembre ? La chronique du docteur Serge Rafal

(Crédit : DR)

Bien que les hôpitaux soient toujours largement remplis (autour de 25 000 personnes), que les réas ne se soient pas vidées (plus de 1600 malades en fin de semaine dernière), que le nombre moyen de cas quotidiens positifs se situe autour de 65 000, que le nombre des DC avoisine les 150 personnes par jour, tout le monde semble faire comme si, avec les beaux jours, l’épidémie n’existait plus, même les gestes-barrière tombent peu à peu comme le port du masque dans les lieux fermés et même dans les transports en commun. La Covid est certes en phase de décroissance mais elle est toujours là, concernant encore beaucoup de malades et le personnel soignant et intéressant les médecins et les scientifiques pour le présent… et surtout la suite. Ces derniers sont d’accord pour penser que nous allons devoir vivre avec le Coronavirus et ses variants et ils réfléchissent déjà à cette future cohabitation. Et parmi les mesures qui nous ont protégés et qui doivent continuer à le faire dans l’avenir, il y a bien sûr le vaccin ARN, qui a déchainé tant de polémiques, mais dont nous pouvons louer l’efficacité, au moins sur les formes graves, et constater l’extrême importance sur l’évolution de la pandémie. Il nous suffit tout simplement de regarder, la situation des pays qui n’en ont pas bénéficié, je pense aux images effarantes qui nous paraissent si datées de Shangaï confinée.

Les immunodéprimés ont pu bénéficier dès janvier d’une 2ème dose de rappel. La 4ème dose ou boost est recommandée depuis le mois de mars aux octogénaires, 3 mois après le rappel, et autorisée depuis le 7 avril aux sexagénaires qui le souhaitent, 6 mois après.

Pas de quatrième dose généralisée actuellement. Olivier Véran a parlé il y a quelques semaines de fatigue vaccinale pour évoquer ce sentiment de ras-le-bol vis-à-vis de vaccinations itératives. La HAS pense la même chose mais le formule différemment, considérant qu’on pouvait laisser tranquille pour l’été les personnes non à risques.

Les scientifiques réfléchissent à un probable rappel à la rentrée. L’un des arguments est la perte d’efficacité du rappel vaccinal contre les formes graves après environ 3 mois, la protection restant toutefois satisfaisante contre le risque d’hospitalisation par le variant BA-2 d’Omicron, actuellement majoritaire à 96%, plus infectant mais moins virulent que le virus initial de Wuhan et le delta. Les études épidémiologiques montrent que des variants d’Omicron (BA-3 et BA-4 = XE, 10% plus contagieux que BA-2, lui-même) et des combinaisons de variants circulent, mais pas de façon préoccupante pour le moment, ce qui conforte l’avis de la HAS. 

Les labos travaillent sur un vaccin fabriqué avec des fragments entiers de CoronaV qui ne mutent pas facilement. Nous devrions donc disposer à l’automne d’un ARN réactualisé, qui tiendrait compte de la succession des variants actuels et futurs et qui serait destiné à l’ensemble de la population.

« Nul ne sait ce que l’avenir nous réserve » nous dit un célèbre dicton français. Certes mais : « L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare » rétorque le philosophe Maurice Blondel. Et c’est exactement ce qui devrait se produire avec l’épidémie. Nous attendons impatiemment pour la rentrée un vaccin universel dont l’efficacité ne serait pas remise en cause tous les 3 ou 6 mois avec l’arrivée de nouveaux variants… qui font partie de la vie rêvée non pas des anges mais des virus. Et si cette 4ème dose pouvait être efficace contre l’infection… il est permis de rêver non ?  

Docteur Serge Rafal

LE 04-05-22 - 09:28