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Conseils hygiéno-diététiques en cas de colite, la chronique du docteur Serge Rafal

C’est un motif très fréquent de consultation. Elle touche en effet près du quart de la population et représente la moitié des consultations de médecine générale. Elle concerne 2 fois sur 3, une dame vivant plutôt en milieu urbain. Elle est, malgré les acquisitions récentes sur le microbiote, relativement difficile à soigner, les conseils alimentaires sont par conséquents non seulement bienvenus mais indispensables.

Le terme de colite désigne l’inflammation du côlon. Celle-ci se traduit par quatre types de symptômes, seuls ou associés : – Un inconfort localisé ou diffus dans le ventre, – Des douleurs ou des coliques, – Des gaz et des ballonnements, – de la diarrhée. La colite s’accompagne en outre fréquemment de troubles nerveux (agressivité, fatigue, mauvaise humeur…), certains la considérant d’ailleurs comme l’équivalent intestinal d’une crise de larmes. Elle peut c’est vrai, être déclenchée ou aggravée par une situation professionnelle, personnelle, familiale, existentielle, mal vécue.

En gros, certains aliments sont permis avec ou sans réserves, d’autres aliments sont déconseillés, d’autres encore sont carrément interdits.

C’est oui aux légumes cuits à l’eau et à la vapeur. Non à l’ail, l’artichaut, le champignon, le chou, les légumes secs, l’oignon. C’est oui aux fruits s’ils sont mûrs, cuits, confits, en gelée. Crus, ils doivent par contre être longuement mâchés. C’est non s’ils sont verts et c’est non aux agrumes, à la banane verte, au melon, aux oléagineux

Elle n’est pas toujours justifiée pour le gluten, sauf en cas de maladie coeliaque, au demeurant fort rare. Et l’allergie aux protéines du lait, elle touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans et disparaît spontanément dans 80% des cas, vers l’âge de 1 à 2 ans. C’est donc oui au pain rassis, grillé, aux biscottes, aux pâtes cuites à l’eau, aux pâtisseries sèches, au riz, à la semoule. Non au pain chaud et frais, aux nouilles grasses (les pourtant exquises pad thaï), aux pâtisseries à la crème, aux raviolis. Et pour le lait et les laitages, oui au beurre frais, à une petite portion de fromage de chèvre, non au lait frais, à la Chantilly, aux crèmes glacées. 

Oui aux grillades de viandes maigres, aux volailles grillées ou rôties. Non aux abats, aux charcuteries grasses, au gibier, aux parties grasses des viandes, aux volailles grasses (confit de canard, de dinde, d’oie). Oui au poisson grillé ou au four. Non au poisson fumé, aux sardines à l‘huile. Et oui pour un œuf dur ou bien cuit à la coque. Non s’il est au plat.

Oui à l’eau minérale gazeuse, au thé, à la tisane, à un petit verre de bon vin rouge. Non aux boissons gazeuses (cidre, eau, soda…) ou glacées, au vin blanc et au champagne.

Prendre son temps pour manger. Le faire dans le calme, en mastiquant longuement chaque bouchée. Eviter de boire pendant les repas. Réduire la consommation des aliments raffinés et trop sucrés. Et chacun doit apprendre à identifier puis limiter ou supprimer les aliments qui le gênent ou sont susceptibles d’irriter sa muqueuse colique.

Il nous vient d’Australie. Le terme Fodmaps est un acronyme qui désigne les sucres contenus dans certains aliments, dont raffolent les bactéries intestinales et sur lesquels elles se précipitent, déclenchant des flatulences et des douleurs. On trouve ici le gluten et les laitages mais également des fruits et des légumes variés : abricot, ail, asperge, avocat, chou, oignon, poireau, poire, pomme… Cette liste n’est pas limitative. Il s’agit dont de réduire ces aliments ou en tout cas d’éviter d’en consommer une trop grosse quantité, au même repas. Ce régime sans ou avec peu de Fodmaps est vraiment très efficace, relativement facile à suivre même s’il peut paraître restrictif a priori.

« Quand l’amour à vos yeux offre un choix agréable, jeunes beautés, laissez-vous enflammer » Molière parle ici du cœur et il a raison. L’inflammation du côlon est, elle moins exaltante et demande à être éteinte ou refroidie. J’espère y avoir contribué ce matin.

Docteur Serge Rafal