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Comment distinguer rhume, Covid et grippe ? La chronique du docteur Serge Rafal

Entre le Covid qui n’en finit pas et dont le nombre de cas impressionne, la grippe qui se manifeste tardivement, les rhumes et rhino-pharyngites qui sévissent, les rhinites allergiques qui démarrent, nous nous trouvons confrontés quotidiennement à des symptômes qui touchent les yeux, le nez, la gorge, les bronches et qui peuvent tout à fait se confondre.

Proche d’un rhume ou d’une grippe bénigne, le Covid lorsqu’il est symptomatique, ce qui n’est pas toujours le cas, entraîne de la toux, de la fièvre, une grande fatigue, parfois un essoufflement avec une SaO2 basse. La perte du goût et de l’odorat, les signes respiratoires sont moins fréquents avec Omicron qu’ils ne l’étaient avec le virus initial de Wuhan puis le delta. Dans le doute, un test antigénique ou un PCR s’imposent, d’autant que le nombre des cas flambe depuis la levée trop rapide semble-t-il des mesures de restriction. Il n’y a pas de grosses différences cliniques entre les infections à BA1 et BA2, seul le séquençage, intéressant surtout pour les épidémiologistes, permet de les distinguer. Mais fort heureusement, ces 2 sous-variants sont seulement plus contagieux mais pas plus dangereux. Le BA2, 40% plus infectant que le BA1, est d’ailleurs le virus le + transmissible depuis le début de l’épidémie.

Ca n’est pas évident car ces affections se ressemblent beaucoup. La grippe donne une fièvre plus élevée (> 39°) avec des frissons, une perte d’appétit, des maux de tête, des douleurs articulaires et musculaires intenses, une toux sèche et douloureuse, une gorge irritée, de la fatigue. On doit donc demander au patient s’il a été vacciné contre la grippe, mais cet argument est loin d’être formel car la protection se situe comme d’habitude autour de 50% avec ce vaccin, à distance respectable des 90% des ARN… qui malheureusement protègent mal de l’infection. Dans le doute entre ces 2 tableaux cliniques, il faut bien sûr faire un test Covid (antigénique plus rapide ou PCR plus fiable), 1 sur 3 est actuellement positif.

Un simple rhume entraîne le nez bouché ou qui coule, ce qui est rarement le cas dans le Covid. Et il ne s’accompagne généralement pas non plus d’une grande fatigue, de manifestations articulaires et musculaires, de troubles cutanés ou de signes digestifs (diarrhée).

C’est vrai, la saison des pollens d’arbres (cyprès, frêne, bouleau) a démarré. Les signes cliniques ne sont pas infectieux : il n’y a ni fièvre, ni courbatures, on observe juste des éternuements, le nez qui gratte et coule très clair comme de l’eau, des démangeaisons de la gorge, les yeux rouges qui traduisent une conjonctivite. C’est l’existence d’antécédents familiaux ou personnels qui permet d’orienter ou d’affirmer le diagnostic. Et le traitement consiste en la prise d’antihistaminiques, les jours de forte pollinisation dans l’atmosphère. Ils se montrent d’une bonne efficacité au prix de rares effets indésirables (15% de somnolence).  

Nous avons parfois du mal à distinguer ces 3 affections qui se ressemblent et se chevauchent actuellement. Même le grand Guitry s’y perdait, qui nous expliquait malicieusement qu’il avait pris son rhume en grippe. C’était plus facile, car bien sûr ne circulait pas à l’époque le Sars-Cov 2 ! 

Docteur Serge Rafal