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La ménopause, une opportunité pour la prévention, la chronique du docteur Serge Rafal

Longtemps mal vécue psychologiquement (fin des règles et de la possibilité d’être enceinte, départ des enfants, carrefour personnel, familial ou professionnel) et physiquement en raison des troubles climatériques (principalement bouffées de chaleur, sécheresse de la peau, troubles nerveux), la ménopause, liée à l’arrêt de la sécrétion hormonale ovarienne (oestrogènes et progestérone) n’est pas une maladie mais seulement un état physiologique. Elle dure en moyenne un tiers de la vie des femmes et peut induire ou aggraver des problèmes de santé (génito-urinaires, cardio-vasculaires, osseux-ostéoporose, rhumatismes-), liste non limitative. C’est donc l’occasion de mettre en œuvre des mesures de prévention a fortiori si existent des facteurs de risque (maladie coronaire, hypertension artérielle, diabète pendant la grossesse, surpoids et obésité).

La prise en charge des bouffées de chaleur constituent l’éprouvant symbole de la ménopause. Elles sont présentes chez ¾ des femmes, peuvent durer plusieurs années, 7 en moyenne, mais parfois beaucoup plus. Elles sont dues à la chute des œstrogènes, ce qui entraîne un dérèglement du thermostat. Elles consistent en une vague de chaleur désagréable, accompagnée d’une sensation de malaise. Elles peuvent durer de 30 secondes à quelques minutes, survenir plusieurs fois dans la journée et bouleverser les nuits. Elles étaient, il n’y a pas si longtemps, volontiers traitées d’emblée par un traitement hormonal substitutif (THS) devenu traitement hormonal de la ménopause (THM). Elles le sont plutôt actuellement par des plantes (actée à grappes, houblon, sauge, soja), de l’homéopathie (Actaea racemosa, Folliculinum, FSH, Lachesis mutus en 5 ou 7CH) et une bonne hygiène de vie (activité physique, alimentation choisie, gestion du stress, préservation du sommeil).

Un traitement hormonal de la ménopause uniquement si la qualité de vie s’en ressent et que ces moyens naturels ne suffisent pas. Mais après avoir soupesé la balance bénéfices-risques donc bien choisi les produits mieux tolérés (17 bêta-estradiol par voie cutanée, progestérone micronisée).

Les maladies cardio-vasculaires représentent la première cause de décès chez nos compagnes et leur incidence ne cesse d’augmenter (10% en 1995, 25% en 2010 dont le ¼ avait moins de 60 ans). Elles tuent huit fois plus de femmes que le cancer du sein et frappent nous l’avons dit de plus en plus jeune.

Des raisons particulières : le tabac, les femmes fument de plus en plus, l’obésité, la malbouffe, la sédentarité, le stress et bien sûr la chute des œstrogènes.

L’activité physique bien sûr qui permet de réduire voire de supprimer les complications cardio-métaboliques et osseuses. L’idéal étant de combiner endurance c’est à dire activité physique modérée (2-3 fois fois 45 minutes/semaine) et un peu plus intense (1 à 2 fois fois 30 minutes/semaine) en privilégiant les activités à impact (course à pied, saut, danse) plus efficaces contre l’ostéoporose que la piscine.

Evidemment des conseils nutritionnels car cette période s’accompagne volontiers d’une prise de poids de quelques kilogrammes, d’une augmentation de la masse grasse, d’une modification de la silhouette qui de poire (bassin élargi) passe en pomme (ventre proéminent des Mrs) : cette augmentation du périmètre abdominal est délétère pour le système cardio-vasculaire. Mais la nutrition n’est pas la seule responsable, d’autres facteurs (génétiques, métaboliques-cholestérol, 3-glyc-, médicaux-diabète, HTA-, sédentarité, tabagisme) interviennent également. Il ne faut donc pas faire une fixation uniquement sur la nourriture et se lancer dans des régimes trop restrictifs, finalement inefficaces à moyen et long terme : l’alimentation doit juste être de qualité, variée, équilibrée, pas trop calorique.

La ménopause dont on dit pis que pendre, qui pour Simone de Beauvoir coupe brutalement en 2 la vie de la femme, est peut-être l’occasion, le bon moment pour prendre enfin de soi.

Docteur Serge Rafal