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Le poids de la crise sanitaire sur la campagne présidentielle, la chronique de Stéphane Attal

Si Omicron est en train de conduire les Français à l’immunité collective, ce variant ne s’appelle pas vraiment Oh ! Macron !

Pardon pour ce jeu de mots un peu facile mais force est de constater qu’il s’invite dans la campagne présidentielle aux dépens du président sortant, pas encore candidat et pour cause !

En effet jusqu’aujourd’hui, si l’on s’en tient à ses stricts aspects politiques, on peut dire, avec un peu de cynisme, que le Covid était plutôt considéré comme un atout dans la compétition présidentielle. Au vu de la contagiosité de ce variant, et compte tenu de la désorganisation ambiante de la société, l’épidémie peut très vite se transformer en embuche pour le futur candidat. Au point que le niveau de circulation du virus est devenu le paramètre principal pour déterminer la date d’entrée dans l’arène du futur candidat. Soucieuse d’empocher les bénéfices politiques de la gestion de la crise, l’équipe du candidat Macron en est réduite à compter les points avec davantage de vigilance qu’à l’accoutumée. Les sondages, qui montrent une érosion significative de la perception de cette gestion, sont scrutés tout autant, car le président lui même concédait dans son interview au Parisien qu’ on arrive au bout d’un modèle. Les français qui, au cœur de l’été étaient 52% à accorder leur confiance à l’exécutif dans sa réponse au virus ne sont plus que 41% selon un récent sondage Ifop. 

Les français qui traditionnellement, se politisent plus à l’approche de l’élection présidentielle semblent tourner le dos à l’équipe gouvernementale qui misait sur le parti des vaccinés pour asseoir sa crédibilité.  Donc, désormais, le choix tactique du président pour l’annonce de sa candidature se pose entre une situation sanitaire non dégradée et une décrue des entrées à l’hôpital qui le conduira à prendre son gain et y aller fin janvier et prendre le temps de réinstaller la force du système français (moins de chômage, meilleure croissance et meilleure gestion des jauges) et prendre son risque en attendant mi février.

Stéphane Attal