Martin Luther King et le rabbin Israël Dresner dans les années 1960 (Crédit : DR)

Il avait défilé aux côtés de Martin Luther King pour les droits civiques : le rabbin Israël Dresner est mort

Il avait 92 ans. En décembre, les médecins lui a diagnostiqué un cancer du côlon de stade 4. Son activisme a toujours été guidé par sa foi.

Israel Seymour Dresner est né en 1929 dans une famille orthodoxe et a grandi à Brooklyn, où son père tenait une épicerie fine. Il a fréquenté les yeshivot pendant son enfance, mais est devenu rabbin réformé après avoir servi pendant la guerre de Corée et travaillé dans un kibboutz en Israël.

L’acte fondateur de son engagement politique, c’est en 1947, quand il s’oppose à la décision du gouvernement britannique de bloquer l’immigration juive en Palestine. Sa première arrestation par la police américaine date de juin 1961, pour un voyage d’un groupe interconfessionnel de militants blancs et noirs voyageait en bus à travers le Sud dans le cadre de la Freedom Ride. L’opération visant à mettre fin à la ségrégation dans les stations de bus. Il s’est fait ensuite arrêté chaque été au cours des trois années suivantes.

Israel Dresner a rencontré Martin Luther King pour la première fois en 1962. Martin Luther King lui a dit : « J’ai été très impressionné par le fait que 3 000 ans plus tard, ces gens se souviennent que leurs ancêtres étaient des esclaves et qu’ils n’en ont pas honte », avant d’ajouter : « nous, les Noirs, devons apprendre cela, ne pas avoir honte de notre héritage d’esclaves ».

L’année suivante, Martin Luther King prend la parole à la synagogue de Dresner à Springfield, dans le New Jersey, et celle d’après, en 64, il mène une délégation de rabbins réformés à St. Augustine, en Floride, pour prendre part à une manifestation contre la ségrégation au Monson Motor Lodge. En 1965, Martin Luther King avait demandé à Israel Dresner de prononcer la prière sur le pont Edmund Pettus à Selma, en Alabama. En 2013, Israel Dresner a été honoré par le président Barack Obama pour son rôle joué dans le mouvement des droits civiques.

Mais il a aussi défendu les juifs soviétiques dans les années 70, et dénoncer l’intervention militaire d’Israël au Liban. « Je veux qu’on se souvienne de moi comme de quelqu’un qui n’a pas seulement essayé de garder la foi juive… mais aussi d’invoquer la doctrine juive du Talmud, qui s’appelle ‘tikkoun olam’, réparer le monde, et j’espère que j’ai un peu contribué à rendre le monde un peu meilleur », avait-il déclaré à CBS New York en décembre.