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Les aphtes, des symptômes le plus souvent bénins mais très gênants, la chronique du docteur Serge Rafal

Ils sont la plupart du temps plus gênants que graves, volontiers capricieux et d’origine mystérieuse. Ils disparaissent généralement spontanément, après avoir empoisonné la vie des patients pendant quelques jours, leur traitement uniquement palliatif consiste à soulager les symptômes.

Un aphte est une petite ulcération ronde ou ovale, blanchâtre, de la taille d’une pièce d’un centime, située sur les gencives, sous la langue ou à l’intérieur des joues, douloureuse accompagnée d’une sensation de brûlure, aggravée par la consommation d’aliments acides (agrumes, vinaigre). Son apparition peut précéder ou accompagner d’autres maladies, comme une infection, une maladie du tube digestif, une carence martiale ou un déficit vitaminique (B9 ou B12) mais dans la majorité des cas, on ne retrouve pas de cause.

Un aphte ne se complique pas, c’est bénin chez la plupart des patients. Ca gêne juste l’alimentation, ça peut mais très rarement s’infecter.

Tout dépend de leur cause. – Ils peuvent être provoqués par l’alimentation : l’amande, l’ananas, la banane, la cacahuète, les épices, la fraise, les fromages à pâte dure (comté, gouda, gruyère, parmesan), les fruits acides et secs, le kiwi, la noix, le pamplemousse, la tomate (surtout la peau), le vinaigre… Attention également à l’alcool, au café, au thé, aux chewing-gums. Si vous établissez un lien entre ces aliments et leur apparition, vous évitez bien sûr d’en consommer. – Tâchez de respecter les mesures d’hygiène buccale en vous brossant correctement les dents après chaque repas et en passant entre elles un fil dentaire ou un Stimudent° pour déloger les débris alimentaires. – Et comme souvent en médecine, des facteurs psychologiques (fatigue, stress, surmenage ou BO) peuvent les favoriser.

Les traitements : – Les collutoires (médicaments qu’on pulvérise ou qu’on badigeonne sur l’aphte) sont classiques pour soulager la douleur, éviter la surinfection, faciliter la cicatrisation. – Des gels anesthésiants lorsque la douleur ou la gêne sont trop importantes ; – Des lavages de bouche avec du bicarbonate de soude (1 cuillère à café dans 1/2 verre d’eau), 2-3 fois par jour ; – 1 sachet ou une gélule de probiotiques à jeun, nous connaissons maintenant tous, l’importance du microbiote non seulement intestinal mais aussi buccal ; – Et la tradition populaire, vous savez les remèdes de grand-mère, recommande des bains de bouche avec de la camomille, du souci des jardins (Calendula en TM diluée, 10 gouttes dans ½ verre d’eau tiède), de la guimauve, de la sauge officinale, du thym en infusion ou même du thé dont les tanins ont une action antalgique ; – Les gommes adoucissantes de miel ou de propolis que l’on suce 3-4 fois par jour, peuvent être proposées ; – Sans oublier les oligo-éléments oraux comme Cu-Or-Arg°, qui en renforçant l’immunité, sont aussi utiles, 1 dose-mesure, 2 fois par jour. 

Certains malgré son déremboursement ne jurent que par l’homéopathie et lui sont restés fidèles. 3 médicaments sont ici volontiers utilisés : Belladonna, Borax et Mercurius solubilis ou corrosivus en 5CH, 3 granules de chaque, à sucer en alternance comme des bonbons, 3-4 fois par jour.

L’aphte n’est évidemment pas grave dans la majorité des cas. Il n’en constitue pas moins un symptôme bien désagréable lorsqu’il se produit exceptionnellement et une gêne réelle et redoutée lorsqu’il se transforme en aphtose. Tous les moyens, petits, grands, anciens sont bons pour tenter de s’en débarrasser au plus vite. Pas d’orgueil scientifique ici, juste du pragmatisme.

Docteur Serge Rafal