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La plante en vogue, le curcuma, la chronique du docteur Serge Rafal

Cette plante très ancienne de la famille du gingembre, est cultivée et utilisée depuis toujours en Inde, en Chine, au Moyen-Orient pour ses nombreuses propriétés, pas toutes médicinales d’ailleurs. Elle sert en effet d’épice, composant le fameux curry, mais aussi de teinture, de colorant alimentaire (pour beurre, bonbons, chips, fromages, moutarde) et de cosmétique. Il en existe plus de 100 espèces, la plus courante et la plus utilisée en médecine provient du broyage de la tige souterraine de la variété « longa », aux arômes, tout en subtilité.

C’est un mélange d’épices dont bien sûr le curcuma qui lui donne sa couleur jaune orangé caractéristique, mais également l’anis, la coriandre, le fenouil, le fenugrec, le gingembre, le clou de girofle, la graine de moutarde.

Très utilisé par la médecine ayurvédique, il constitue l’anti-inflammatoire de référence en rhumatologie, efficace contre les douleurs de l’arthrose. Il sert aussi en gastro-entérologie pour traiter la gastrite, l’ulcère de l‘estomac, les MICI, les troubles hépatiques. Et on lui attribue une certaine efficacité contre les problèmes de peau. Mais il intéresse bien sûr les scientifiques pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Il pourrait ainsi être utile en prévention du cancer, du DT2, de l’obésité et des maladies neuro-dégénératives (dont l’Alzheimer), bien qu’aucune preuve formelle n’ait été apportée pour le moment. En Inde où sa consommation est la + élevée du monde (plus de 2g/jour/habitant), les K (côlon, prostate, rein, prostate) sont à un niveau beaucoup plus faible qu’en Occident. Il y a probablement un rapport, bien que de nombreux autres facteurs entrent en ligne de compte (hérédité, alcool, tabac). L’injection quotidienne de curcumine à des souris réduirait leur taux de PSA, éviterait l’apparition de T, ralentirait leur multiplication et diminuerait leur taille lorsqu’elles sont présentes. Et son administration potentialiserait la RxTt et la chimiothérapie. Donnée là aussi à confirmer.

Surtout la curcumine dont je viens de parler, puissant polyphénol, 10 fois plus antioxydant que la vitamine E. C’est donc sa concentration qu’il faut regarder attentivement sur l’emballage lorsqu’il s’agit de choisir un complément alimentaire à base de curcuma.

Selon l’Agence européenne du médicament, il pourrait entraîner des flatulences, des brûlures d’estomac, être responsable de réactions allergiques, potentialiserait la prise d’anticoagulants. Attention également en cas de calcul vésiculaire dont il pourrait favoriser l’expulsion. Et par précaution, comme avec beaucoup de plantes ou d’huiles essentielles, prudence voire abstention chez la femme enceinte ou allaitante.

Le curcuma est vendu sous forme sèche (en le saupoudrant comme n’importe quelle épice) ou fraîche. Il peut s’utiliser pelé puis émincé ou râpé. Cette forme, qui favorise l’absorption de la curcumine, est celle que nous préconisons. Il est également possible de le consommer en infusion de rhizome séché (1g par tasse de 150 ml) ou frais (10g par tasse). Vous pouvez vous procurer des gélules, en (para)pharmacie, en vérifiant nous l’avons dit la concentration en curcumine, dont il faut apporter autour de 1g/jour. Enfin, il est possible de l’utiliser en HE mais uniquement en usage externe, 5 gouttes dans un peu d’huile (amande douce, noyau d’abricot) en massages sur la zone douloureuse articulaire ou abdominale.

Les Indiens surnomment non sans raison le curcuma, « l’épice d’or » ou « l’épice de longue vie ». Pourquoi ne pas vous laisser tenter vous aussi d’autant qu’il apporte saveur, couleur, chaleur, exotisme dans les assiettes. Pas vraiment un luxe actuellement. 

Docteur Serge Rafal