(Crédit : Twitter)

Portrait des terroristes qui seront interrogés par la Cour mardi, la chronique de Michel Zerbib

On commence par celui qui pose problème avec son Covid positif mais qui était déclaré apte par le médecin expert, Salah Abdeslam, 31 ans. Né le 15 septembre 1989 à Bruxelles, le Franco Marocain Salah Abdeslam, 31 ans, est le seul membre des commandos du 13-Novembre encore en vie. Il était proche d’Abddehamid Abaaoud son ami d’enfance , coordinateur de plusieurs attentats en Europe et chef opérationnel des commandos du 13-Novembre. Membre de l’équipe des «terrasses», son frère aîné Brahim est mort en se faisant exploseur la terrasse du bar le comptoir Voltaire . Salah Abdeslam a, lui, abandonné sa ceinture d’explosifs dans la soirée pour des raisons qui restent encore inconnues. Et qui seront peut être révélées dans son interrogatoire

Il a depuis presque systématiquement gardé le silence face aux juges ou lors de son procès à Bruxelles en 2018, où il a été condamné à vingt ans de prison pour avoir tiré sur des policiers quelques jours avant son interpellation en Belgique le 18 mars 2016. Il s’est dit fier d’être un combattant de l’islam et de Daesh. Salah Abdeslam doit encore être jugé en Belgique – probablement fin 2022 – pour le double attentat qui a fait 32 morts en mars 2016 à l’aéroport et dans un métro de Bruxelles.

Mohamed Abrini. Né le 27 décembre 1984, ce Belgo-Marocain de 36 ans est jugé pour avoir accompagné en région parisienne les commandos du 13-Novembre et participé à leur financement et à la fourniture de leurs armes.
Cet ami d’enfance des frères Abdeslam a été arrêté à Bruxelles en avril 2016. Il est détenu en Belgique depuis cette date et a été transféré en France pour le procès. Il doit lui aussi être jugé en Belgique pour le double attentat suicide de mars 2016 à Bruxelles. Des images de vidéosurveillance de l’aéroport de Zaventem avec deux des kamikazes qui s’y sont fait exploser lui ont valu le surnom de «l’homme au chapeau».

Osama Krayem. De nationalité suédoise, Osama Krayem, 29 ans, né le 16 août 1992, a rejoint la Syrie en 2014 puis regagné l’Europe par la route des migrants. Comme Sofien Ayari, il a été compagnon de cavale de Salah Abdeslam à Bruxelles après les attentas du 13-Novembre. Détenu en Belgique depuis avril 2016, il a été identifié comme l’un des bourreaux du pilote jordanien assassiné par l’EI début 2015 en Syrie. Il est impliqué dans les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles. Il a été transféré en France pour le procès.

Adel Haddadi et Muhammad Usman, 34 ans et 28 ans. Adel Haddadi Handout. Adel Haddadi, 34 ans, un Algérien né le 17 juillet 1987, et Muhammad Usman, 28 ans, un Pakistanais né le 15 mai 1993, ont été interpellés en décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche. Muhammad Usman. Les deux hommes ont quitté la Syrie et rejoint l’Europe par la route des migrants avec deux kamikazes du Stade de France. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu commettre un attentat en France. Muhammad Usman est un ancien artificier de groupes djihadistes pakistanais réputés proches d’Al-Qaïda. Ils sont détenus en France depuis juin 2016.

La cour d’assises spécialement composée a rejeté la demande de remise en liberté de Farid Kharkhach, l’un des 20 accusés du procès des attentats du 13-Novembre. Sa libération lui aurait permis de comparaître libre sous contrôle judiciaire comme c’est le cas pour trois des accusés.

Ses avocates avaient plaidé la remise en liberté de leur client en soutenant qu’il n’était pas radicalisé et ne présentait aucun risque de fuite à l’étranger. Malaise et dépression selon elles. Elles avaient également dénoncé les conditions de détention «indignes» de leur client en montrant à la cour des photos de cafards trouvés dans sa cellule.

Le président de la cour, Jean-Louis Périès a rejeté la demande en arguant qu’une remise en liberté de l’accusé pourrait «nuire au bon déroulement du procès et à la manifestation de la vérité». Le magistrat a rappelé qu’aucun des accusés n’avait encore été interrogé sur le fond et que Farid Kharkhach, qui a livré plusieurs versions au cours de ses interrogatoires devant les enquêteurs, contestait les faits qui lui sont reprochés. La cour a également considéré que les garanties de représentation n’étaient pas suffisantes, étant donné que l’accusé a la double nationalité belgo-marocaine et des attaches au Maroc. On va beaucoup reparler de cette filière marocaine.

Michel Zerbib