Francis Kalifat, président du CRIF Crédit : DR

Francis Kalifat sur Radio J : « Oublier les noms des victimes c’est aussi les tuer une seconde fois »

Le 9 janvier 2015 : un attentat allait mettre fin à la vie de 4 français de confession juive. Yoan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada et Yoav Hattab ont été tués lors du bain de sang perpétré dans le magasin de l’Hyper Cacher Porte de Vincennes par le terroriste Amedy Coulibaly.

Chaque année le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) organise une cérémonie devant le lieu de l’attaque en mémoire des victimes. Francis Kalifat le président du CRIF était ce dimanche matin au micro d’Olivier Issembert sur Radio J pour évoquer cette commémoration.

Le responsable du CRIF nous explique pourquoi rappeler le nom des victimes est pour lui essentiel : « On ne peut pas parler de victimes anonymes, elles ont des noms, des prénoms, des âges et une famille ». Ainsi Francis Kalifat tient à rappeler à chaque fois cette « globalité de la victime » et il en est de même pour celles de « l’école Ozar Hatorah et de toutes les autres victimes quelle qu’elle soit » souligne-t-il. Selon lui lorsque les victimes sont nombreuses « l’évènement a tendance à prendre le dessus »  et c’est justement là qu’il faut être vigilant et ne pas commettre cette erreur terrible car « oublier les noms c’est aussi tuer une seconde fois » précise-t-il. Il ne manque pas aussi de rappeler que tous ces juifs tués dans les différentes attaques et attentats l’ont été « parce-qu’ils étaient juifs ».

Malgré les plus hautes autorités de l’Etat qui dénoncent et condamnent les actes antisémites, ils connaissent une hausse vertigineuse : « 120% d’augmentation en  2021 comparé à l’année précédente », pour le responsable communautaire « c’est insupportable ».

Malgré ces chiffres alarmant, Francis Kalifat se veut rassurant « S’il y a beaucoup d’antisémitisme en France, ce n’est pas un pays antisémite ». Il refuse d’ailleurs de dresser tout parallèle avec les années d’avant-guerre ou lors de la dernière guerre mondiale. Afin de contribuer à la diminution de ce fléau une grande partie de la solution réside pour lui dans la justice qui « doit sanctionner de manière plus sévère les actes antisémites avec l’arsenal fort mis à sa disposition ».