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Le lycopène, le pigment-santé, la chronique du docteur Serge Rafal

Ce pigment, dont la couleur va du jaune au rouge, en passant bien sûr par l’orangé n’est pas seulement concentré dans la carotte comme pourrait le laisser croire son nom de famille. Il est également présent dans la goyave, le kaki (dont c’est bientôt la fin de saison, profitez-en), le pamplemousse, la pastèque, le poivron mais aussi et surtout la tomate qui lui doit beaucoup de ses propriétés.

Principalement ses puissantes vertus antioxydantes, supérieures au fameux bêtacarotène c’est à dire qu’il joue un rôle bénéfique pour la santé en combattant les radicaux libres, ces substances toxiques qui se forment lors du fonctionnement physiologique et pathologique de l’organisme. Il diminuerait ainsi le LDL-cholestérol, préviendrait le DT2 grâce à son action anti-inflammatoire contre le tissu adipeux, protégerait les os de l’ostéoporose, la peau des UV du soleil et peut-être l’organisme de certains cancers (côlon, estomac, poumon, prostate).

Plusieurs études et méta-analyses récentes (études statistiques qui en réunissent plusieurs) montrent qu’une consommation de lycopène comprise entre 10 et 20 mg/jour, correspondant à l’ingestion de 10 portions de tomates ou de produits dérivés (concentrés, jus, sauces), diminuerait le risque de développer un K de la prostate ou en réduirait la progression et donc la gravité. A confirmer bien sûr.

Le lycopène, stocké dans l’enveloppe du fruit, est libéré lors de la cuisson. C’est ainsi qu’une portion de purée de tomates en conserve en apporte 27 mg, un jus de tomate = 22 mg, une sauce tomate en conserve = 17 mg, une tomate crue = 3 mg, un pomélo = 3 mg, 1 cuiller à soupe de ketchup (attention c’est très sucré) = 2,5 mg. Vous vous apercevez que les préparations à base de tomate sont beaucoup plus riches en lycopène que le fruit frais. C’est également le cas de la carotte dont le bêtacarotène est mieux absorbé en présence d’un peu d’huile que lorsqu’elle est croquée crue, sur le mode lapin.

Le lycopène inhibe la croissance des cellules cancéreuses en culture en altérant leurs récepteurs à un facteur de croissance essentiel à leur développement.

Mes conseils aux patients à risque de cancer par exemple du poumon ou de la prostate : consommer régulièrement pour ne pas dire souvent des tomates, de préférence cuites à la vapeur ou cuisinées sous forme de sauces, farcies, en ratatouille, afin de libérer et ainsi absorber le précieux pigment, même s’il n’est peut-être pas le seul facteur protecteur. Ou s’ils préfèrent les consommer crues comme des fruits qu’elles sont, d’y rajouter un filet d’huile d’olive ou de colza. Et de continuer à en déguster hors-saison, sous forme de jus ou séchées. Le ketchup pourtant riche en lycopène l’est malheureusement également en sucres et ne peut par conséquent être conseillé… qu’exceptionnellement.

Quand on pense que les mauvais artistes reçoivent des cageots de tomates. Ils devraient en tirer non pas gloire mais au moins santé… à la seule condition d’aller se les faire cuire, vous l’avez compris j’imagine.

Docteur Serge Rafal