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Les huiles essentielles de l’infection, la chronique du docteur Serge Rafal

Les huiles essentielles constituent l’aromathérapie, une branche de plus en plus utilisée de la phytothérapie, principalement contre l’infection mais pas uniquement. Certaines d’entre elles font merveille pour leurs propriétés circulatoires, digestives, relaxantes, sédatives, stimulantes… et j’en passe.

Le terme d’aromathérapie est récent mais pas la méthode. Les huiles essentielles sont connues depuis l’Antiquité où elles ne servent pas médicalement mais pour embaumer et fabriquer des parfums. Leur utilisation médicinale est plus récente, rendue possible avec la distillation et l’invention de l’alambic. Elles ne revêtent un rôle médical, en l’occurrence antiseptique, qu’à la fin du XIXème siècle et font leur véritable percée auprès d‘une petite partie du corps médical et du grand public à la fin du XXème, grâce à leurs propriétés anti-infectieuses, offrant une alternative à l’antibio-résistance et au slogan : « Les antibiotiques, c’est pas automatique », apparu en 2002.

Les huiles essentielles qu’on appelait auparavant essences de plantes ou essences aromatiques sont obtenues par distillation et entraînement par la vapeur d’eau ou par extraction à l’aide de solvants. Plus de 400 huiles essentielles, réparties en 14 grandes familles sont répertoriées, mais seule une quarantaine est utilisée couramment en aromathérapie.

La connaissance de la phytothérapie ne permet pas de déduire leurs propriétés (indications, efficacité, toxicité) en aromaTt c’est-à-dire qu’on ne peut à tout coup attribuer aux huiles essentielles les propriétés des plantes dont elles sont issues. Leur utilisation nécessite un apprentissage spécifique et une certaine prudence.

8 des huiles essentielles de l’infection sont couramment prescrites pour leurs propriétés anti-infectieuses : la cannelle de Ceylan, les eucalyptus, le girofle, les melaleuca (niaouli, tea-tree), l’origan d’Espagne, le ravintsara, la sarriette des montagnes, les thyms.

En effet il existe entre 600 et 800 eucalyptus dont certains, pas tous, nous fournissent des huiles essentielles qui ont chacune leurs caractéristiques et leur mode d’utilisation (voie orale, diffusion, inhalation). Les plus couramment employées sont : l’eucalyptus radiata plus doux que l’eucalyptus globulus. Et parmi les thyms, on trouve les HE à linalol, à thymol, à thuyanol avec pour chacune, ses indications et son mode d’utilisation.

Il existe à mon sens 3 contre-indications: – La grossesse, – L’allaitement, – L’enfant de moins de 3 ans sauf pour les spécialistes. Et j’en rajouterai une quatrième, la méconnaissance de leur action et donc de tous leurs effets : les huiles essentielles sont en effet des produits puissants, parfois dangereux car toxiques (photosensibilisantes, néphrotoxiques, allergisantes, irritantes cutanées ou muqueuses, hépatiques, neurotoxiques…) qu’il ne faut donc manier qu’en parfaite connaissance de cause, jamais en automédication « sauvage ». Et pourtant elles sont curieusement en vente libre.

Les huiles essentielles anti-infectieuses s’administrent principalement par la bouche avec une tolérance moyenne (leur goût et leur odeur sont prononcés) ou par voie respiratoire (aérosols, inhalations, fumigations). La posologie moyenne pour un adulte est de 2 gouttes, 2 à 3 fois maximum, par jour.

Alors que l’homéopathie est facile d’utilisation et sans danger même chez les bébés, les huiles essentielles sont plus difficiles à manier et nécessitent un apprentissage et un accompagnement au début. Elles constituent une excellente alternative aux antibiotiques mais requièrent une parfaite maîtrise : Attention danger, certaines ont une toxicité indiscutable. Les produits naturels ne sont pas toujours aussi inoffensifs qu’on l’imagine. 

Docteur Serge Rafal