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Digérer les lendemains de fête, la chronique du docteur Serge Rafal

Les repas de fêtes, a fortiori arrosés, sont synonymes d’excès caloriques et tout particulièrement de sucres et de graisses, dont les apports peuvent être doublés voire triplés.

Tout d’abord, ce qu’on appelle la crise de foie qui en réalité n’existe pas. Des symptômes sont néanmoins bien présents et fréquents : – Des troubles digestifs hauts qui touchent l’estomac : bouche pâteuse, nausées, brûlures gastriques, éructations… ; – Des troubles digestifs plus bas qui concernent eux l’intestin : ballonnements, gaz intestinaux, flatulences, mal de ventre, diarrhée. Et l’alcool, métabolisé lentement, et qui peut continuer à faire tourner la tête… comme l’amoureux de Piaf… « Mon manège à moi… ».

Cette fonction biologique transforme les aliments en nutriments. Elle débute dans la bouche avec la mastication, phénomène primordial bien que très souvent expédié ou oublié. Elle broie les aliments et les enrobe de salive, première étape d’une bonne digestion. Celle-ci se poursuit dans l’estomac où sont sécrétés des sucs digestifs qui participent à la dégradation des aliments qui lui arrivent. Ceux-ci ainsi prédigérés se dirigent vers l’intestin où se poursuit leur digestion, grâce à l’action des sucs pancréatiques et de la bile. Ils traversent ensuite l’intestin, les nutriments non absorbés poursuivent leur route dans le côlon avant d’être transformés en matières fécales dans le rectum puis expulsés par l’anus.

La digestion a évidemment beaucoup de mal à métaboliser les quantités d’alcool et de graisses ingérées. L’inconfort est aggravé par la gueule de bois, l’alcool ayant tendance non pas à désaltérer mais à déshydrater, malgré le flot de liquides ingurgité.

Tout dépend des symptômes et de la façon habituelle de se préparer ou de se soigner : – Les adeptes de l’homéopathie vont se précipiter sur leur médicament miracle, la noix vomique ou Nux vomica en 5 ou 7CH : 3 granules à laisser fondre sous la langue avant les libations ou 3-4 fois dans la journée après, puis espacement des prises avec l’amélioration ; – Les adeptes de la phytothérapie vont choisir des plantes dépuratives ou digestives : l’artichaut, le chardon Marie, le fenouil, le radis noir, le thé vert… qu’ils vont accompagner de beaucoup d’eau (minérale, infusion, jus, potages). Ma préférence va à l’huile essentielle des difficultés de digestion, la menthe poivrée, dont nous avons parlé récemment, 1 goutte après chacune des éventuelles collations, sans dépasser 3 gouttes par jour ; – Les partisans de l’allopathie vont recourir aux médicaments symptomatiques : Du paracétamol° contre le mal de tête ou le casque…, un antiémétique comme le Vogalène° contre les nausées, du citrate de bétaïne ou du Sorbitol° pour activer la production de bile et tenter d’activer la digestion des graisses qui restent assez longtemps dans le sang, un pansement gastrique comme le Maalox°, un alginate comme le Gaviscon° ou un IPP type Omeprazole° en cas de brûlures digestives,  du charbon ou de l’argile en cas de ballonnements ou de diarrhée.

Un en-cas avant la fête, une journée de diète alimentaire agrémentée d’un bouillon-maison ou au moins de beaucoup d’eau après. L’année 2021 se termine, pourvu qu’il en soit bientôt de même du Covid qui nous empoisonne la vie depuis maintenant plus de deux ans. Vive 2022. Bonne santé à tous les auditeurs.

Docteur Serge Rafal