La Radio Juive

Les terroristes du 13 novembre se sont ils infiltrés parmi les migrants ? La chronique de Michel Zerbib

(Crédit: Twitter)

Rappelons d’abord que l’ancien président de la République a déclaré que le gouvernement  de l’époque savait que « des opérations se préparaient, que des individus s’étaient placés dans le flot des réfugiés pour tromper la vigilance ». Éric Zemmour , lui , a donc dénoncé un pouvoir qui «savait» et qui n’a «rien fait». « Le pouvoir était au courant du danger et il a préféré que des Français soient en danger  plutôt que d’empêcher des «migrants» de venir en France ». François Hollande a rejeté fortement ses critiques notamment sur Radio J. Alors un petit point d’histoire récente est nécessaire.

Depuis le début des années 2010, l’Europe a connu d’importantes vagues migratoires en provenance d’Afrique et du Proche-Orient. En 2015 le nombre de migrants arrivés en Europe cette année-là s’est élevé à un million. C’est vrai qu’au mois de septembre 2015 (deux mois avant les attentats ), la France et l’Allemagne (François Hollande et Angela Merkel ) avaient appelé l’Union Européenne à protéger la vague d’immigration de réfugiés, disaient-ils, du désespoir, fuyant la mort.

Il faut dire que l’ambiance de l’époque (majorité des médias) était de minimiser le risque. Pourtant, les terroristes de la cellule qui a organisé les attentats meurtriers de Paris puis de Bruxelles sont bien passés par les routes migratoires pour rejoindre l’Europe. Tous les membres des commandos de 2015, qu’ils soient étrangers ou Français ayant séjourné en Syrie ont emprunté la route migratoire  de l’Europe de l’est avec des passeports syriens ou irakiens.

On sait notamment que deux des trois kamikazes du stade de France sont arrivés par les flux de migrants de Leros. Ils sont même secourus le 3 octobre 2015 au large de l’île de Leros, après le naufrage de l’embarcation de fortune sur laquelle ils avaient embarqué en Turquie. Ils sont ensuite enregistrés sur l’île, selon les règles de l’Union européenne.

Bilal Hadfi arrive, lui, en Hongrie où il est récupéré par Salah Abdeslam à la fin du mois d’août, avec Chakib Akrouh, l’un des assaillants des terrasses parisiennes. Abdeslam, seul survivant des commandos aurait ainsi effectué plusieurs allers-retours entre la Hongrie et la Belgique entre le mois d’août et le mois de septembre pour convoyer des terroristes.

Autre exemple : Deux membres d’un commando raté du 13-Novembre sont arrêtés en Grèce un mois avant les attentats. Ils avaient été recrutés à Raqqa avec les deux kamikazes irakiens du stade de France pour perpétrer les attentats de Paris. Les quatre hommes avaient pour mission de se glisser parmi les flux de réfugiés syriens. Alors que les deux kamikazes ont franchi les contrôles aux frontières sans problème, la police grecque a découvert que les passeports des deux terroristes étaient des faux et les a placés en détention. À leur libération, le 28 octobre, ils ont repris tranquillement leur route en direction de l’Autriche, via la Macédoine, la Serbie, la Croatie et la Slovénie. 

En fait pour résumer , l’enquête anti -terroriste a découvert à posteriori que la majorité des terroristes s’était faite passer pour des immigrés. Avant les attentats du 13 novembre, Daesh, disait les spécialistes ,n’avait pas utilisé les flux migratoires. Certains pourtant l’avaient imaginé sans être vraiment écoutés…

Mercredi 17 novembre , c’est l’ancien ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve qui va témoigner au procès « pour rendre des comptes » aux victimes. Dans le journal Ouest France, il déclarait dimanche justement « qu’il a fallu les attentats pour que les Etats membres réalisent l’importance du partage des données ».

Michel Zerbib

LE 16-11-21 - 10:00