La Radio Juive

La France, une cible privilégiée du terrorisme islamiste depuis 40 ans, la chronique de Michel Zerbib

(Crédit: Twitter)

Nul doute que l’attentat du 13 novembre est le pire massacre qu’ait connu la France sur son sol depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est un peu le 11 septembre français , il y a eu un avant et un après dans menace terroriste islamiste, et en effet on peut la faire remonter à la fin des années 70 .

Les chiffres de la Fondapol Think tank français dirigé par le politologue Dominique Reynié sont édifiants :si dans le monde, la majorité des attentats islamistes touchent en premier lieu les pays musulmans (90 %), en Europe, la France est de loin le pays le plus attaqué avec 49% des victimes « depuis l’internationalisation de la cause islamiste » de 1979 à mai 2021 

Avec 82 attentats islamistes commis sur son sol pour la période, la France compte au moins 330 morts du terrorisme islamiste.

À la suite d’une nuit d’attentats au stade de France, aux restaurants, bars et brasseries du Petit Cambodge, du Carillon, de la Bonne Bière, du Casa Nostra et au Bataclan, 137 personnes au total décéderont, en comptant les terroristes. À ces morts s’ajoute également celle de Guillaume Valette, rescapé du Bataclan, victime d’un grand stress post-traumatique et qui mit fin à ses jours deux ans plus tard.

La deuxième attaque la plus meurtrière est celle du 14 juillet 2016 à Nice, lorsqu’un terroriste tunisien résident en France, faucha, en l’espace de deux minutes, des dizaines de personnes parmi les 30.000 réunies pour le feu d’artifice et fit 87 morts

La tuerie de Charlie Hebdo est la troisième la plus meurtrière, avec 12 morts.  le meurtre de la policière Clarissa Jean-Philippe, puis la terrible prise d’otages du magasin Hyper Casher. Al Qaida et Daesh derrière cela.

Avant le Bataclan, d’autres noms de Paris sont entrés dans l’histoire sanglante. D’abord l’attentat de la synagogue Copernic . Il y a ensuite, en 1982, l’attentat antisémite de la rue des Rosiers, organisé par un groupe terroriste palestinien (dont on espère en effet toujours la justice). Puis l’attentat de la rue de Rennes du 17 septembre 1986, attribué au Hezbollah. Et enfin, celui du RER B à Saint-Michel, le 25 juillet 1995.

Dans la vague d’attentats qui va toucher Paris en septembre 1986, derrière différentes organisations terroristes, les enquêtes démontrent l’implication du Hezbollah après l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeiny.

Les attentats de 1995 sont officiellement attribués au Groupe islamique armé (GIA), bien que d’autres hypothèses courent. « C’est la guerre civile algérienne qui importe le terrorisme islamique sur le sol français ».

Ces terroristes utilisent encore les bombes pour terroriser. Et c’est depuis 1995 que le plan Vigipirate est en vigueur – sans jamais n’avoir été entièrement suspendu depuis.

On note sur la période une évolution du mode opératoire qui laisse la place à une nouvelle forme d’attentat où le terroriste se rapproche physiquement: de l’arme à feu permettant l’assaut, à l’usage de véhicules béliers comme pour l’attentat de la promenade des Anglais, ou encore d’armes nécessitant un corps-à-corps.

Cela peut s’expliquer aussi par l’augmentation du nombre de terroristes dont les liens avec des organisations djihadistes sont moins directs, mais qui ont pu s’en revendiquer ou s’en inspirer pour commettre leur crime. Supermarché de Trèbes, le marché de noël de Strasbourg , l’attaque au couteau de la préfecture de Paris . L’objectif est toujours de maintenir un climat de terreur.

Dernier chiffre à retenir. Les deux tiers des attentats islamistes sur le territoire ont été perpétrés entre 2012 et mai 2021, aussi la menace terroriste n’a jamais été aussi importante en France. Le procès reprend ce lundi matin.

Michel Zerbib

LE 15-11-21 - 10:25