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La responsabilité pénale des accusés est « totale » dit le psychiatre, la chronique de Michel Zerbib

J’ai envie de vous parler d’abord du témoignage de d’Alexandre le fils d’Alain et donc le seul petit fils de la Yddishe mame Mireille Knoll. Depuis le début du procès, j’observe cet homme de 40 ans costaud , crâne rasé qui semble toujours prêt à bondir sur les deux accusés dans le box et qui les fusille du regard tout en réconfortant son père et son oncle durant ces longues et pénibles journées d’audience.

A fleur de peau , Alexandre va réussir, sans se fâcher, dans l’émotion , à livrer un témoignage plein d’humanité et d’amour pour Faigele (petit oiseau en yiddish) comme Kurt Knoll son grand père appelait son épouse. Il a vécu, lui même à 18 ans, dans le petit appartement de l’avenue Philippe Auguste. 

« Ma grand mère était une épicurienne de la vie », « lumineuse , bienveillante, elle aimait la fête ». Alexandre a envie de raconter l’histoire pourtant très dure de sa famille. Un grand père survivant d’Auschwitz mais qui ne parlait pas de la Shoah et de Mireille rescapée de justesse de la Rafle du Val d’hiver « une famille peu pratiquante mais très fière de ses origines juives », « j’ai grandi avec la conviction que jamais nous ne serions vraiment à l’abri de l’antisémitisme » poursuit-il. « Et aujourd’hui je prends tellement la mesure de tout cela… je suis content que mon grand père soit parti avant Mireille , il n’y aurait pas survécu ». 

Croit-il au mobile antisémite lui demande la Cour ? « Ces barbares ont égorgé et brulé ma grand mère », répond-il, « il était impossible d’ignorer que ma Grand mère était juive et au départ je ne pensais pas à un crime antijuif ». Mais dorénavant il sait que s’il n’avait pas été juive, « elle serait vivante ». Il ne cache pas sa haine et sa tristesse.

Alexandre veut alors s’adresser aux trois accusés : à Zoulika Khelaff la mère de Mihoub (qui comparait libre pour dissimulation de preuves), il lance « je l’invite à dire toute la vérité, elle a beaucoup de choses à dire ». Alex Carrimbacus il demande de soulager sa conscience et de parler. Quand à Yacin Mihoub « je n’ai rien à lui dire , il a largement montré qu’il est irrécupérable ».

Alexandre Knoll avance une thèse inédite , il est persuadé qu’il y plus d’un tueur, les deux ensemble surement. D’ailleurs l’attitude des deux hommes ajoutent à l’horreur par leur impassibilité. Ce sont des lâches « Je me considère comme un rescapé … mes cousines qui vivent en Israël sont submergées et ne croient plus en la justice, moi j’y crois encore mais je ne les lâcherais jamais ces hommes, je prend ce combat à ma charge dorénavant ».

Alors il faut dire que si les deux hommes présentent des troubles de la personnalité et des addictions , leur responsabilité est entière selon l’expert psychiatre entendu hier. Il n’y a pas d’altération du discernement. L’alcoolisme de Mihoub n’a pas modifié son comportement . Pleine  et entière, la responsabilité pénale  pour Alex Carrimbacus qui ne présente pas de pathologie mentale en dépit des ces plusieurs  internements. Deux hommes qui ont connu toutefois une enfance et une jeunesse assez terrible, surtout pour Carrimbacus dont le récit de vie fait par sa mère a horrifié la Cour.

Nous y reviendrons bien sur avec notamment le témoignage de la petite fille qui avait été agressée sexuellement dans l’appartement même de Mireille Knoll.

Michel Zerbib