(Crédit: DR)

La contestation antivaccinale ne concerne pas uniquement le Covid

Avant même la vaccination contre le Covid qui a suscité défiance et remous de la part des antivax, la France se distinguait déjà par une réticence vis-à-vis des vaccins, paradoxale et étonnante au pays de Pasteur. Mais le mouvement antivax est antérieur puisqu’il est apparu il y a plus de 3 siècles avec la vaccination de Jenner contre la variole. Il a refait parler de lui dans les années 80 avec le vaccin contre l’hépatite B, accusé de provoquer des cas de SEP, la désastreuse campagne de vaccination contre la fausse pandémie de H1N1 de 2009 et la présence controversée d’aluminium dans certains d’entre eux (pneumo, méningo, DTcoq, polio).

Il est obligatoire chez tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018, dès l’âge de 2 mois et recommandé chez les enfants et les ados jusqu’à 15 ans. Il a une efficacité voisine des ARN, c’est à dire supérieure à 90%, approchant même les 100% chez l’enfant de moins de 1 an. Et malgré une longue période de polémiques, une relation entre son injection et la SEP n’a jamais été établie. Depuis 1982, plus d’un milliard de doses ont été administrées dans le monde.

Il est lui plus récent, disponible depuis 2006, la France rechigne également à y recourir. La couverture n’est chez nous que de 25% alors qu’elle atteint les 80%, dans de nombreux pays (Australie, Canada, Royaume-Uni). Ce vaccin est recommandé chez les garçons et les filles, réduisant les cancers de l’oropharynx chez les 1ers et du col de l’utérus (6000 cas par an), de la vulve, du vagin, du rectum chez les secondes. Ses effets 2aires sont mineurs, quelques très rares réactions allergiques (1 sur 450 000 injections) sont toutefois décrites et nécessitent une petite surveillance après l’administration. Et surtout l’OMS a conclu à l’absence d’augmentation du risque de maladies auto-immunes ou de syndromes neurologiques de Guillain-Barré.

La méningite était responsable chez le petit enfant de 500 à 700 cas annuels qui sont passés grâce à la vaccination a moins de cinq. Quant aux infections pulmonaires invasives, elles sont parfaitement contrôlées par trois injections, maintenant pratiquées durant la première année de vie. Et contre le pneumocoque, la vaccination a réduit le nombre de cas de moitié, des sérotypes très nombreux, l’équivalent des variants, en étant la cause. Peut-être que les ARN pourront dans l’avenir améliorer l’efficacité de ces vaccins.  

Cette maladie hivernale ne jouit pas d’une réputation de dangerosité alors qu’elle l’est pourtant : rappelons uniquement qu’elle est responsable chaque année d’environ 8000 DC. C’est vrai que ce vaccin n’a pas l’efficacité des ARN mais tout de même d’environ 50 à 60% soit plus d’un cas sur 2. 

Les 3 découvertes majeures dans le domaine de la santé publique sont pour beaucoup de scientifiques : l’eau potable, l’hygiène et les vaccins. Il est incompréhensible que ces derniers, qui représentent pourtant une avancée fondamentale dans l’histoire de la médecine soient aussi contestés et malmenés. Un adage constate que : « Nul n’est prophète en son pays », ça se vérifie même en médecine. 

Docteur Serge Rafal