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Le zinc, un des grands alliés-santé, la chronique du docteur Serge Rafal

C’est le deuxième métal le plus répandu chez l’homme derrière le fer. L’organisme en contient autour de 2,5g, répartis majoritairement dans les muscles (60%) et les os (30%). Il constitue un élément-santé primordial dont on ne saurait se passer, surtout actuellement. Il intervient en effet comme l’enzyme, le cofacteur, le catalyseur, le stabilisateur, le régulateur, de plusieurs centaines de réactions enzymatiques, plus indispensables les unes que les autres à la bonne marche de l’organisme et donc à la santé. Nous devons donc veiller à ne jamais nous trouver en subcarence, la carence étant rare dans les pays industrialisés.  

Variés puisqu’il participe à de nombreuses fonctions. Une perte de l’appétit et un ralentissement de la croissance, du développement et de la maturation sexuelle chez les nouveau-nés et les enfants. Chez l’adulte, une perte de cheveux, une sécheresse anormale de la peau, une mauvaise cicatrisation, une baisse de la fertilité avec une production réduite de sperme, une résistance à l’insuline avec apparition d’un DT2, une hypovitaminose A, des troubles visuels puisqu’il est très présent dans la rétine. La personne carencée peut se sentir apathique et irritable, les fonctions du goût et de l’odorat peuvent être altérées. Et enfin, le zinc intervient sur le stress oxydatif, prévenant et freinant les processus d’encrassage de l’organisme et favorisant les mécanismes de dépuration. Enfin, il participe à l’immunité, raison majeure pour laquelle je vous en parle aujourd’hui, la pandémie n’est pas terminée et la grippe arrive.

Nous avions déjà l’habitude de prescrire du zinc bien avant le Covid contre ces 2 symptômes qu’on observait parfois lors d’un épisode infectieux ORL (rhume, sinusite) et pour lesquels peu d’autres médicaments étaient efficaces. Et d’ailleurs au tout début de l’épidémie, il était en rupture de stocks dans de nombreuses pharmacies tant la demande était importante, les patients ayant eux parfaitement intégré tout son intérêt. 

Certaines circonstances sont favorisantes : les troubles gastro-intestinaux, la contraception, la grossesse, les traitements antibiotiques, l’hyperactivité sportive, l’alcoolisme, le tabagisme, le régime vegan, l’alimentation IV…

Des traitements à proprement parler non mais c’est tout de même un des adjuvants décisifs puisqu’il protège la muqueuse respiratoire. Il bloque le récepteur sur lequel se fixe le virus, inhibe l’inflammation, freine ou empêche la réponse des cytokines, vous savez ces molécules responsables de la gravité de la 2ème phase de la maladie en réanimation. 

On le trouve dans les fruits de mer (100 mg/100g), le poisson (3 mg/100g), la viande (abats), les céréales complètes, le cresson, les germes de blé, le jaune d’œuf, le lait de vache, la levure de bière, les légumes secs, les lentilles, les noix, le soja… Ces aliments ne sont consommés ni régulièrement, ni en grandes quantités par l’ensemble de la population, ce qui explique la nécessité fréquente d’une supplémentation, tout particulier chez les végétariens : il est en effet peu présent dans les légumes verts et pas très assimilable dans les céréales où il est chélaté par les fibres et les phytates.

Les apports recommandés sont de 20 mg/jour pour les adultes. Mais on peut se contenter d’en prendre un jour sur 2 en période d’épidémie car l’alimentation n’est pas totalement carencée. Les formes les mieux absorbées sont le bisglycinate, le gluconate (Granions°), le picolinate. A noter que la prise conjointe de Mn, des vitamines B6, D et E augmente son absorption. 

Le zinc n’est pas seulement une recommandation, c’est presque une obligation en cette période de l’année, a fortiori par temps de pandémie.

Docteur Serge Rafal