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Stéphane Attal sur Radio J à propos de l’immigration des Juifs de Tunisie: « Pour réussir il fallait venir en France »

Stéphane Attal, spécialiste de l’influence et communicant, était au micro d’Ilana Ferhadian ce jeudi matin à 8h45 dans le Morning de Radio J. Il a présenté son livre intitulé Mémoire des possibles, itinéraire d’une famille Tune, un récit autobiographique intimiste qui raconte l’histoire de sa famille. 

Un livre autobiographique l’histoire de ses grands parents, de ses parents, et plus généralement des Juifs immigrés de Tunisie. « Je porte cette histoire en moi depuis mon  enfance, et mon oncle Jules Ouaki me répétait souvent que comme j’étais le seul de la  famille à faire des études, ça serait à moi d’écrire l’histoire de la famille », a expliqué Stéphane Attal. 

Ses grands parents, Felix et Marie Uzan, sont les premiers à quitter la Tunisie pour un  futur meilleur. « Pour réussir, il fallait venir en France ». Mais à leur arrivée à Paris c’est la désillusion. « Mon grand-père devient serveur chez Chartier et ma grand-mère marchande des Quatre Saisons. Leurs enfants dont ma mère sont placés à l’assistance  publique », a raconté Stéphane Attal. 

Très vite l’antisémitisme nazi se répand dans l’hexagone et la famille va le vivre de plein  fouet. Sa grand-mère Marie a la présence d’esprit de cacher ses enfants au cinéma. « Ma grand-mère vendait des légumes aux Quatre Saisons et elle en donnait au  commissariat d’arrondissement. Le commissaire a prévenu ma grand-mère que les rafles  de Juifs allaient commencer et il lui a conseillé de se cacher dans le 2ème arrondissement de Paris, elle les a caché dans un cinéma. Tout le reste de sa vie ma grand-mère considérait le cinéma comme un symbole de libération », a déclaré Stéphane Attal. 

La famille va finalement retourner en Tunisie pour fuir l’occupation mais finit par revenir en France après la guerre. Marie Uzan ouvre un petit restaurant oriental rue du Faubourg Montmartre. Stéphane Attal raconte. « Toute personne qui débarquait à Paris s’arrêtait  dans son restaurant. Un restaurant oriental c’était rare à l’époque. Elle nourrissait les  gens, faisait crédit, et elle les hébergeait. Elle était tellement aimée que lorsqu’elle est  décédée la police a fermé la rue du Faubourg Montmartre pour que la foule puisse accompagner son cercueil jusqu’au cimetière de Pantin. » 

Dans cette autobiographie, Stéphane Attal parle également de sa découverte de ce  qu’est être juif, et du sionisme, lui qui n’a pas grandi dans une famille pratiquante. Un livre touchant avec une vraie portée historique publié aux éditions Transmettre.

Alexandra Senigou