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L’importance du nom, la chronique du Rav Haïm Nisenbaum

Nous sommes dans une période où les jeux politiques donnent l’impression de s’enflammer un peu plus que d’habitude, où les débats se multiplient. C’est ainsi que va la vie. Et bien entendu, en tant que citoyen nous suivons certainement cela les uns les autres avec un intérêt dépendant des intervenants ou des interlocuteurs ainsi que du contenu de leurs discours. Toutefois, il arrive que telle ou telle idée surgisse, qui ne peut qu’attirer notre attention. Ainsi, ces derniers temps, on a beaucoup parlé de la nature des noms, de leur appartenance à ce qu’il faut peut-être appeler la « Francecité », cela ne peut qu’évoquer en nous des choses déjà connues. Souvenons-nous, lorsque les Hébreux sont en Egypte, lorsqu’il sont asservis, ils ne sont pas asservis que matériellement, ils sont aussi soumis à une intense pression intellectuelle, morale, spirituelle. N’oublions pas que l’Egypte de l’époque est la plus grande civilisation du moment. Alors que se passe t-il ? Comment ne peuvent-ils pas succomber à tout cela ? Justement, le Talmud précise que s’ils ont pu sortie d’Egypte, plus précisément s’ils ont pu mériter de sortir d’Egypte c’est parce que, notamment, ils ne changèrent pas de nom. Pourquoi le nom ? Qu’est ce que cela signifie ? Le nom est une chose essentielle. Le nom bien sûr ça n’est pas l’homme. L’homme reste l e même, il n’est que désigné par le nom, le nom n’est important semble t-il que parce qu’il nécessaire dans le contact avec l’autre, pour la vie en société, un homme vivant seul sur une île déserte n’a sûrement pas besoin d’en avoir un. Mais pourtant, le nom désigne quelque chose. Il rattache à une tradition, à ce qu’on est profondément. Cela ne veut pas dire qu’il est un signe d’étrangeté, même s’il n’est pas né sur le terroir où l’on se trouve dans le moment présent. Mais, il est le signe que nous portons en nous quelque chose, qui vient aussi d’ailleurs, sans trahir quoi que ce soit, ni qui que ce soit, sans trahir les valeurs fondamentales du pays où l’on se trouve, sans même oublier sa culture parce qu’on en est porteurs. On appartient aussi à quelque chose. Le nom est aussi une manifestation de fidélité, la fidélité est commandée par bien des choses, par une longue histoire, une histoire que l’on n’oublie pas car le peuple juif sait ne pas oublier, par une histoire et aussi des acquis intellectuels, spirituels, que nous avons emmené avec nous pour les partager avec tous et non pas pour les garder pour nous seuls. Le nom qui ne vient pas du pays où on est nés, n’est pas une trahison, ce nom là au contraire est un gage de foi, de fidélité. Or, comment peut-on être un citoyen conscient, un citoyen vertueux si l’on ne commence pas être fidèles à soi même ? Lorsque retentisses telle ou telle proposition, telle ou telle critique de nom venue d’ailleurs, peut-être faut-il s’en souvenir et le faire souvenir. Le nom n’est pas simplement une convention sociale, il n’est pas simplement un signe d’appartenance, il est une question d’essence et ne remet en cause aucun choix parallèle, aucun choix qui peut venir compléter cette volonté d’être soi même parmi les autres.