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Comprendre et traiter la constipation, la chronique du docteur Serge Rafal

Une personne sur 5 dont 1 femme sur 2 en souffrirait occasionnellement ou régulièrement. Il est fort heureusement peu grave dans la majorité des cas mais néanmoins fort gênant voire ennuyeux.

La fréquence des selles varie d’une personne à l’autre mais la constipation chronique se définit par un transit intestinal ralenti, avec moins de 3 selles par semaine, depuis plus de 3 mois. Les selles sont donc trop plus rares, peu abondantes, difficiles à expulser, souvent accompagnées d’un inconfort abdominal ou rectal avec ballonnements, crampes, douleurs. Cela n’a évidemment rien à voir avec la constipation passagère qui peut survenir hors de son domicile, lors d’un week-end, d’un voyage, d’un séjour à l’hôpital ou même chez des amis. La selle est un acte très ritualisé pour beaucoup d’entre nous, nécessitant un cérémonial ou un decorum. 

Le poids moyen des selles quotidiennes est entre 100 et 200g mais fonction bien sûr de l’alimentation, en particulier du contenu en fibres. C’est ainsi qu’une portion de fayots double expérimentalement le volume des selles chez l’animal de laboratoire. Leur composition, c’est 75% d’eau, le ¼ restant est constitué de bactéries mortes (venues du côlon), de fibres alimentaires non digestibles ou non digérées, de substances diverses (déchets de médicaments, colorants…). 

Les causes principales de la constipation : – Une mauvaise hygiène alimentaire avec en particulier une hydratation insuffisante et un apport de fibres congru ; – Un manque d’activité physique voire la sédentarité, une immobilisation prolongée ; – La prise de certains médicaments qui freinent le transit intestinal (antidépresseurs, antiHTA, morphine chez les douloureux chroniques) ; – Certaines maladies comme l’hypothyroïdie où tout est au ralenti, même le transit intestinal, la maladie de Parkinson ; – Certains événements de la vie des dames (grossesse, ménopause). Et notons que certaines de ces causes peuvent s’associer et s’additionner, imposant une prise en charge quotidienne.

Des mesures alimentaires peuvent aider à lutter contre cette constipation. Il faut veiller tout particulièrement à boire plus que sa soif, 1 litre ½ par jour, idéalement d’une eau riche en magnésium (Contrex, Hepar, Rozana, Talians) et à ingérer suffisamment de fibres.

Et les céréales. Le son de blé caracole en tête avec 40g de fibres pour 100g d’aliment. Parmi les légumes crus, le soja est loin devant avec 25g pour 100g. Les légumes secs non cuits (haricots secs, pois cassés et pois chiches, flageolets) en apportent-eux 25g pour 100g. Les oléagineux ne sont pas en reste, la noix de coco avec 24g se situant devant la figue sèche (18g pour 100g). La framboise et la groseille ont la palme parmi les fruits frais mais loin derrière avec 7g pour 100g.

Il faut absolument adopter des horaires réguliers, il y a toujours un moment de la journée où l’envie est maximale, il faut en profiter sous peine de devoir la laisser passer et d’être quasi obligé d’attendre le lendemain, à la même heure. Il faut tâcher d’aller à la selle quotidiennement car les matières durcissent dans l’ampoule rectale et sont, chaque jour qui passe, plus difficiles à évacuer. Souvenons-nous du fécalome, selles dures comme du béton bloquées dans le rectum, que les externes des urgences sont obligés d’enlever à la petite cuillère chez les personnes âgées. Et n’oublions pas, nous l’avons évoqué, l’activité physique et une respiration ample qui stimulent les fonctions motrices du côlon.

Il est possible de s’aider de laxatifs dont il existe 5 types : – osmotiques (qui ramollissent les selles en attirant de l’eau dans l’intestin), – de lest (qui modifient la consistance et nécessitent de boire beaucoup), – lubrifiants (qui facilitent le glissement des selles), – stimulants (qui augmentent la motricité intestinale), – et ceux qu’on administre par voie locale (canule, suppos) pour provoquer l’évacuation. Mais attention bien sûr à ne pas en abuser, pour ne pas supprimer l’acte réflexe de défécation et déclencher l’irritante et malvenue maladie des laxatifs. 

Elle demande à être explorée par coloscopie si le patient a plus de 55 ans, a fortiori s’il existe des antécédents familiaux de pathologie colique.

Nous connaissons tous le lien entre la santé et un bon transit intestinal. Gainsbourg disait avec malice : Le leitmotiv militaire du tube digestif, c’est chaque jour « Mission accomplie, mon colon ».

Docteur Serge Rafal