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Souccot, l’unité et la joie

Après la peur, la crainte inhérentes aux fêtes de Roch Hashana et de Kippour, la fête de Souccot arrive ce lundi avec son lot de joies, de simha et d’unité du peuple juif. C’est le point culminant de ce mois juif saint de Tichri. En effet, pendant huit jours, les juifs vivent, mangent voire dorment sous la soucca pour certains. Cette fête de Souccot met l’accent sur la beauté de la nature et la liberté d’être confiné à la maison.

L’unité se retrouve surtout dans le loulav composé de quatre espèces (une branche de palmier centrale, hadass correspondant à trois branches de myrte, arava correspondant à deux brins de saule et etrog correspondant à un cédrat) que l’on secoue toutes ensembles à plusieurs reprises pendant une semaine.

Mais pourquoi balance t-on toutes ces espèces ensemble ? Quelle en est la symbolique, la signification ? La réponse est dans le Talmud (traité Soucca 37b). Rabbi Yo’hanan explique : « On agite (les espèces) devant et derrière pour D.ieu auquel appartiennent les quatre vents ; on les soulève vers le haut et vers le bas pour D.ieu à qui appartiennent le Ciel et la terre. » D’autres citent Rabbi ‘Hama bar Oukva au nom de Rabbi Yossé bar Rabbi ‘Hanina : « On les apporte devant et derrière pour éviter les vents mauvais ; on les soulève en haut et en bas (en supplication) pour éviter les mauvaises précipitations. » (voir Rachi ibid.)

Concernant la soucca en elle même, pourquoi habiter à l’intérieur pendant sept jours alors que le temps et les températures ne s’y prêtent pas forcément à cette période de l’année (début de l’automne) ? Après ces fêtes mêlant des sentiments de crainte, de peur, de jugement, la Torah ne veut pas que nous restions ainsi. Il faut à présent passer à un sentiment de contentement, de satisfaction, de sérénité, de confiance. Le jugement est passé, il est scellé, il convient d’être joyeux et confiant envers D.ieu et aussi envers cette habitation transitoire, temporaire et fragile car composée de feuillages et de branches en bois. Le symbole central de la fête de Souccot est cette soucca.

Le Rav Chimchon Raphaël Hirsch écrit : « La construction de la Soucca nous apprend à avoir confiance en D.ieu. Vous savez que les hommes, qu’ils vivent dans des huttes ou dans des palais, n’y sont que des visiteurs. Vous savez que, durant cette « visite », D.ieu est notre protection. La Soucca est une hutte transitoire qui nous quittera un jour, ou que nous quitterons. Les murs peuvent tomber, le branchage peut dépérir, mais l’amour protecteur de D.ieu est omniprésent. Nous habitons dans un logement des plus éphémère et transitoire, de manière tout aussi calme que s’il s’agissait de notre maison pour toujours. » La soucca est en fait là pour nous aider à réfléchir, à effectuer une introspection, à passer plus de temps possible avec soi-même, centré sur soi-même. On reçoit également des invités: sa famille et ses amis mais aussi les fameux oushpizins. Chaque jour, un invité différent est là (Abraham le premier, Isaac le second, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David). Nous sommes immergés dans la soucca. Ce sentiment d’immersion ne se retrouve dans aucune autre mitsva. Nous y trouvons deux bénédictions : l’amitié des autres et le souvenir cher de ceux qui ont également séjourné dans d’autres Souccot avant nous, des ancêtres disparus récemment ou il y a plus longtemps, qui ont tous participé comme nous à ce long pèlerinage, appelé l’histoire juive.

Horaires de Souccot à Paris et région parisienne: entrée à 19h35, sortie à 20h36 le mercredi 22 septembre.

Hag Souccot sameah à tous!

Gabriel Attal