(Crédit: DR)

Les bienfaits avérés de la diète méditerranéenne, la chronique du docteur Serge Rafal

Il est aujourd’hui parfaitement démontré que cette manière de s’alimenter, agréable, diversifiée, facile à mettre en œuvre, est associée à une baisse de la mortalité et une diminution des maladies cardio-vasculaires et métaboliques.

En schématisant énormément, on peut dire que c’est pain, vin, fruits et légumes, tomates, huile d’olive en y ajoutant une façon plaisante de vivre et un peu de soleil. C’est donc bien plus un mode de vie qu’un régime à proprement parler. Il n’y a pas de restriction alimentaire, sauf peut-être de la viande qui reste exceptionnelle, réservée aux jours de fête.  

Si ce mode de vivre et de manger est connu depuis la Grèce antique, les preuves scientifiques ont été apportées par l’étude dite des sept pays (Finlande, Grèce dont Crète, Italie, Japon, Pays-Bas, USA, ex-Yougoslavie), initiée par l’épidémiologiste américain Ancel Keys dans les années 50. Cette étude comparait l’alimentation très différente de 7 pays du monde et tentait de démontrer un lien direct entre la façon de se nourrir et certaines maladies.

Ancel Keys avait dit-on l’arrière-pensée de prouver que le cholestérol était un facteur de risque important. Et nous Français, présentons des chiffres supérieurs à la moyenne européenne et pourtant une mortalité plus faible, ce qu’on a appelé le « French-paradox ». Ceci allait à l’encontre de sa thèse et de ses intérêts, ce qui nous a ainsi écartés des pays choisis. Il semblerait en effet que son étude ait été appuyée par la puissante industrie du sucre, pas fâchée de voir le cholestérol dans la ligne de mire. Ses travaux ont eu néanmoins un énorme retentissement et ont promu à l’échelon international la lutte contre le cholestérol comme un élément essentiel de la prévention des maladies cardio-vasculaires, laissant un temps le sucre à l’écart des soupçons et des polémiques. On sait maintenant que c’est lui l’ennemi public n°1 du système cardio-vasculaire et de la santé et pas le cholestérol sur qui beaucoup continuent pourtant de faire une fixation.    

Il y a dans l’étude des sept pays, la Grèce continentale et l’île de Crête. Et c’est sur cette dernière que les résultats sont les meilleurs d’où l’émergence et la réputation internationale du régime crétois ou diète méditerranéenne, les 2 appellations sont synonymes.

C’est une alimentation frugale et variée, composée d’aliments peu transformés et peu raffinés. – Nous sommes en Europe, une civilisation de blé, les céréales constituent donc l’essentiel de l’apport énergétique ; – Les légumineuses (fève, haricot, lentille, pois) ont une place de choix tout comme les oléagineux (amande, noix) ; – Les fruits et légumes sont très présents, à l’inverse des produits animaux et laitiers (sauf la fêta de chèvre) ; les épices, le vin, le thé, l’huile d’olive font partie de la plupart des repas. 

Une action antioxydante, anti-inflammatoire, anti-thrombogène qui est le fait de l’ensemble des mesures et pas d’un seul aliment (huile olive, tomate, fêta) comme certains producteurs tentent parfois de le laisser entendre. Retenons : – La faible densité énergétique (apport calorique pour 100 grammes d’aliments) et la haute densité nutritionnelle (apport en vitamines, oligo-éléments et micro-constituants (polyphénols) pour 100 grammes d’aliments) ; – L’apport réduit en acides gras saturés d’origine animale et important en acides gras mono-insaturés (huile d’olive) ; – L’équilibre entre les acides gras om-6 et les om-3 (ce rapport est beaucoup trop élevé dans l’alimentation occidentale) ; – La teneur en sucres complexes et non à IG élevé ; – La concentration en fibres. 

Notre alimentation est, elle, majoritairement, trop énergétique, pas assez diversifiée, d’une trop faible densité nutritionnelle, dominée par les graisses saturées et les sucres simples, trop pauvre en om-3 et en fibres.

Les bénéfices préventifs et thérapeutiques de l’alimentation méditerranéenne sont avérés sur des bases scientifiques nombreuses et fiables. C’est facile à faire, authentique, écologique, équilibré, savoureux. Je manque d’adjectifs. Mettez de la couleur et de la santé dans vos assiettes, mangez méditerranéen.

Docteur Serge Rafal