Le pape François (Crédit: DR)

Le Pape François en Slovaquie sous le signe du dialogue avec la communauté juive

Pour le premier jour de cette visite officielle qui doit en compter trois, le souverain pontife a exprimé sa « honte » et déplorer que le nom de Dieu ait souvent été utilisé « dans la folie de la haine ».

Pendant la Seconde guerre mondiale, 70 000 des juifs du pays ont été assassinés dans les camps nazis avec la collaboration du gouvernement slovaque, dirigé à l’époque par Jozef Tiso, qui était prêtre. Le Pape n’a pas cité son nom, mais son discours va dans le sens de la reconnaissance d’une responsabilité, même si le Vatican n’a pas approuvé toute la politique des autorités slovaques. « Votre histoire est notre histoire » a affirmé François devant les juifs slovaques. Un discours prononcé à l’emplacement d’une synagogue détruite, non par les nazis, mais ensuite par le régime communiste. Sur cette place Rybne se trouve désormais un mémorial de la Shoah.

Pour Richard Duda, le président de l’Union centrale des communautés religieuses juives, la rencontre avec le souverain pontif est « historique ». Il souhaite que le dialogue officiel engagé depuis 2017 entre juifs et chrétiens slovaques « permettre de mettre un jour un point final » aux « côtés sombres de la coexistence » entre les communautés. Un premier pas avait déjà été fait en 2017 lors d’une visite conjointe au Vatican.

Face aux défenseurs d’une identité chrétienne figée dans la légitimation par le biais de leurs racines et du passé, le Pape François a affirmé qu’il« ne sert à rien de se lamenter, de se retrancher dans un catholicisme défensif, de juger et d’accuser ». Selon le souverain pontif, l’Eglise devrait « former à la liberté intérieure être responsable, savoir être créative en s’immergeant dans l’histoire et dans la culture. »

ES