(Crédit: cour suprême israélienne)

La cour suprême propose un compromis pour que les familles palestiniennes restent à Sheikh Jarrah

La Haute Cour de justice israélienne a encouragé lundi quatre familles de Sheikh Jarrah, Shimon Hatsadik, à accepter un compromis qui annulerait les ordres d’expulsion et leur permettrait de rester dans leurs maisons à l’Est de Jérusalem. Un débat de trois heures à Jérusalem s’est cependant terminé sans conclusion. Le panel de trois juges a demandé aux familles d’examiner une offre par laquelle un membre de chaque famille se verrait octroyer une location protégée à vie sur la propriété en échange de paiements annuels de 1 500 shekels (environ 400 euros). « C’est la solution pratique », a déclaré le juge Yitzhak Amit, qui a dirigé la plupart des procédures. 

Etant donné que la loi israélienne permet aux descendants des locataires protégés de première génération de conserver leur statut sous certaines conditions, cela pourrait signifier que les expulsions seraient retardées de plusieurs décennies. En échange, les Palestiniens reconnaîtraient que Nahalat Shimon est enregistré comme propriétaire des habitations en Israël mais sans pour autant céder leur propriété à l’organisation juive. Le compromis laisse toutefois la possibilité au ministère de la Justice de rouvrir le dossier.

« Nous le recommandons précisément parce que vous ne voulez pas que quelqu’un soit jeté hors de chez lui. » Tout compromis trouvé serait un « accord vide », a affirmé l’avocat Ilan Shemer, qui représente la société Nahalat Shimon, propriétaire de la propriété Sheikh Jarrah où vivent les familles. « Je m’occupe de cette affaire depuis des années et ils n’ont respecté aucune décision, alors pourquoi pensez-vous qu’ils le feraient maintenant ? », a t-il demandé. Le refus précédent des familles de payer un montant minimal de loyer dû sur la propriété avait conduit à la décision de les expulser, a souligné Shemer. Cette affaire est si ancienne qu’il n’y a pas un juge à Jérusalem qui ne l’ait pas traitée, a-t-il expliqué.

Gabriel Attal