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Bien choisir ses lunettes de soleil, la chronique du docteur Serge Rafal

Ce sujet est extrêmement important car l’œil est très sensible aux UV qui peuvent déclencher des complications à court terme (conjonctives, kératites) et favoriser de gros ennuis de santé à plus long terme (cataracte, DMLA). Et trop nombreux sont encore celles et ceux qui ne s’en soucient guère, cette rubrique leur est dédiée.

 Les UV sont classés en fonction de leur longueur d’onde, comprise entre 100 et 400 nanomètres. Plus leur longueur d’onde est courte, plus leur énergie est grande, plus ils sont nocifs mais moins ils pénètrent la peau. Et à l’inverse, plus elle est longue, plus ils pénètrent la peau et peuvent ainsi endommager ses couches profondes. C’est ainsi que les UV C, de courte longueur d’onde, sont les plus dangereux. Ils sont fort heureusement presque totalement filtrés par la couche d’ozone et ne nous atteignent généralement pas. Les UV B, de longueur d’onde moyenne (entre 280 et 315 nm), ont eux-aussi une activité biologique importante, mais ils sont également pour la plupart filtrés par l’atmosphère (ozone, vapeur d’eau, oxygène, dioxyde de carbone). Ils touchent les couches superficielles du derme. Ils sont donc responsables du bronzage tout en favorisant le vieillissement de la peau et l’apparition de cancers cutanés. Leur quantité varie selon les saisons, l’altitude, les heures de la journée (maximum entre 11h et 15h). Les UV A, dont la longueur d’onde est plus longue, représentent près de 95% du rayonnement UV qui atteint la surface de la terre. Ils peuvent pénétrer les couches profondes de la peau et traversent le verre. Ils sont donc responsables de l’effet de bronzage immédiat mais favorisent également le vieillissement cutané et l’apparition de rides.

La distance parcourue intervient elle aussi : – L’intensité des UV est plus importante près de l’Equateur, – Elle augmente de 10% tous les 1 000 m d’altitude. Les nuages dont on peut penser à tort qu’ils filtrent le soleil jouent un rôle tout comme les surfaces au sol : l’herbe réfléchit moins de 10% du rayonnement UV qu’elle reçoit, le sable autour de 15%, la surface de la mer près de 25%. Quant à la neige, elle double quasiment le rayonnement par réverbération ce qui explique que personne ne part skier sans lunettes, que les alpinistes de haute montagne chaussent leurs nez de modèles spéciaux ultra-protecteurs. 

Il faut toujours acheter des verres marqués CE UV 400, c’est à dire qui filtrent 100% des UVA, B et C. Il en existe 5 catégories pour un usage croissant de la luminosité : 0 ne protège pas des UV et correspond à des modèles de fantaisie, 1 et 2 sont indiqués pour les luminosités respectivement faibles et moyennes, 3 et 4 pour les lumières fortes ou intenses.

Un verre sombre ne protège pas nécessairement contre les UV mais seulement de l’éblouissement. Au contraire même, car s’il n’est pas filtrant, il entraîne une dilatation de la pupille (mydriase) qui augmente la quantité d’UV susceptibles d’être absorbés et donc leur dangerosité. A l’inverse des verres transparents, mais traités, peuvent filtrer 100% des UV. 

Les lunettes constituent un accessoire primordial de l‘été. Achetez-les chez un professionnel et ne sortez jamais sans elles. « Avec mes lunettes de soleil, je suis Jack Nicholson. Sans elles, je suis un petit vieux, tout gros », dit cette star bien connue d’Hollywood. Je rajouterais juste : faites-en sorte qu’elles soient de qualité irréprochable et pas un simple gadget décoratif. La vue est un bien précieux qui n’a pas de prix.

Docteur Serge Rafal