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Le point sur la maladie de Parkinson, la chronique du docteur Serge Rafal

Les chercheurs du monde entier ne travaillent pas uniquement sur le Covid mais également sur les maladies neuro-dégénératives. De gros progrès ont été ainsi réalisés dans la compréhension et donc la prise en charge prochaine de la maladie de Parkinson ainsi d’ailleurs que la maladie d’Alzheimer, je vous promets d’en reparler bientôt.

’est la 2ème maladie neuro-dégénérative en France, loin derrière la maladie d’Alzheimer. Elle touche en effet 150 000 personnes, deux fois plus souvent des messieurs que des dames, contre un peu plus d’un million pour la maladie d’Alzheimer. Mais le vieillissement de la population laisse penser que le nombre des malades parkinsoniens pourrait atteindre les 225 000 en 2030.

L’âge constitue bien sûr un facteur important puisque la maladie est présente chez 0,04% des 40-49 ans et qu’elle passe les 2% chez les plus de 80 ans. Il s’agit nous l’avons dit d’une maladie neurodégénérative qui se caractérise par la disparition progressive des cellules impliquées dans les capacités motrices et cognitives du cerveau. Ce qui a pour conséquences, 3 types de symptômes, plus ou moins intenses et variables d’une journée à l’autre, et même d’un moment à l’autre : – Un tremblement de repos qui touche préférentiellement les MS, disparaît avec les mouvements volontaires et pendant le sommeil, – Une rigidité musculaire avec une lenteur des mouvements (ou akinésie), une difficulté à initier la marche (ou « freezing »), une réduction de l’expression du visage et des mimiques, des troubles de l’équilibre, – Un ralentissement cérébral avec des problèmes de mémoire, de reconnaissance des objets, de l’élocution (parole monotone), de l’écriture, de déglutition, Et dans la ½ des cas s’associe une anxiété, de la déprime ou de la dépression, des troubles du sommeil, une constipation parfois très précoce.

Les causes de la maladie restent relativement méconnues, les spécialistes penchent pour son origine plurifactorielle, ce qui est le cas de nombreuses maladies : – Une prédisposition héréditaire, il existe des familles (5%) où la maladie est indiscutablement plus courante avec une mutation connue sur un gène, responsable des dysfonctionnements ; – Des facteurs environnementaux : exposition répétée à certains métaux lourds (plomb, manganèse, cuivre), des pesticides (DDT et chlordécone qui multiplient par 2,5 le risque de contracter la maladie). La nouveauté réside dans la découverte du rôle d’une protéine exprimée dans les cellules nerveuses, l’alpha-synucléine. Au cours de la maladie, elle s’agrège dans le corps des neurones dopaminergiques, ce qui entraîne un déficit de sa production et donc les symptômes puisque ce neurotransmetteur permet la bonne communication intercellulaire. Sa diminution est entre-autre responsable d’une perte de la transmission nerveuse dans les circuits cérébraux qui commandent les mouvements, d’où les signes moteurs que j’ai évoqués. On estime actuellement que les premiers symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent lorsque la moitié de ces neurones dopaminergiques est altérée. Les agrégats de cette protéine hors de la substance noire (c’est à dire en profondeur du cerveau, la blanche étant en surface), expliquent les symptômes non moteurs. 

On affine le diagnostic par l’examen du patient et les symptômes que nous avons décrits. L’imagerie si précieuse en neurologie n’est pas contributive ici. C’est ensuite l’efficacité du traitement qui confirme un diagnostic clinique fortement suspecté.

Les médicaments qui visent à rétablir la concentration de ce neurotransmetteur, ont pour objectif de réduire et soulager les symptômes mais ils ne stoppent pas la progression de la maladie. La lévodopa, qui se transforme précisément en dopamine dans le cerveau, constitue le traitement de référence. D’autres substances dites agonistes qui agissent comme la dopamine ou des médicaments qui bloquent sa dégradation sont également utilisés. Le choix du traitement est fonction de l’âge du patient et de sa tolérance, pas toujours parfaite. Un effet 2aire du traitement, qui montre bien l’influence des neurotransmetteurs sur les comportements, est la perte du contrôle des impulsions. Elle s’exprime par une addiction aux jeux, aux achats, à la sexualité, aux comportements à risques. Le suivi des patients est donc essentiel, la surveillance doit être régulière et attentive. 

La maladie de Parkinson est d’autant plus invalidante que le patient est parfaitement conscient de son état. Fort heureusement, la recherche dynamique et active devrait accélérer la mise au point de nouveaux traitements plus performants, mieux tolérés… et peut-être bientôt curatifs. L’être aimé ou l’avenir méritent bien sûr qu’on tremble pour eux, pas cette satanée maladie. 

Docteur Serge Rafal