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Bilan provisoire après 4 milliards de doses injectées, la chronique du docteur Serge Rafal

Au travers de tout ce qui se dit actuellement sur la recrudescence de l’épidémie et des protestations qui s’élèvent contre une éventuelle obligation vaccinale, il m’a semblé intéressant de vous fournir un premier bilan qui vient d’être publié après que 4 milliards de personnes dans le monde, vous l’avez dit, aient reçu une dose de vaccin. Nous disposons à présent de données fournies par des cohortes imposantes voire des populations entières et nous pouvons d’ores et déjà affirmer que les vaccins dépassent et de fort loin toutes les promesses qu’ils avaient pu faire naître. L’OMS avait en effet fixé un objectif minimal de 50% d’efficacité, ce qui correspond en gros à celle du vaccin annuel contre la grippe, ceux contre le Covid affichent eux des résultats bien supérieurs. Le vaccin Pfizer arrive en tête, les Israéliens ont en effet annoncé une protection de 95% contre l’infection, de 97% contre les formes graves et les DC, 15 jours après la seconde injection. Ces chiffres remarquables sont confirmés par les Américains, avec le vaccin Moderna.

Pour le vaccin AstraZeneca, il semble d’une efficacité légèrement inférieure, de l’ordre de 70%, pour prévenir les infections. Mais il est tout aussi efficace, autour de 90%, pour prévenir les formes graves qui remplissent les services de réanimation.

Chez les plus jeunes, les résultats semblent encore meilleurs, autour de 100%, ce qui est de bon augure alors qu’on envisage pour la rentrée la vaccination des plus de 12 ans et que certains réclament la vaccination de l’ensemble de la population, donc des enfants, pour espérer atteindre l’immunité collective.

Les ARN fort heureusement résistent apparemment bien à tous les variants apparus jusque-là, ce qui explique l’augmentation du nombre des cas, majoritairement du delta (ex indien) mais pas celle des hospitalisations… pour le moment, la majorité des personnes à risques étant vaccinées.

Ils ont des effets secondaires avérés mais transitoires et bénins dans l’extrême majorité des cas : douleur au point d’injection, tableau pseudo-grippal avec myalgies, fièvre, fatigue. D’autres symptômes plus graves ont été signalés et ont participé à la défiance (myocardites, accidents thrombo-emboliques, poussées ou survenue d’hypertension artérielle). Mais ils sont très rares, presque tous temporaires et d’évolution favorable. Et ils ne remettent absolument pas en cause le rapport bénéfiques-risques, largement positif de la vaccination.

La survenue d’effets secondaires plus tardifs est exceptionnelle dans l’histoire des vaccins, les ennuis survenant presque toujours dans les premières semaines. Et on peut considérer que jamais des vaccins n’ont été surveillés d’aussi près que ceux-là. Rappelons que la survenue de cas de SEP après le vaccin contre l‘hépatite B ou les risques avérés de l’adjonction d’aluminium pour augmenter la réponse immunitaire, n’ont jamais été confirmés. Les craintes à propos de l’ARN semblent, elles totalement, injustifiées, cette molécule se détruisant très rapidement dans l’organisme, sans toucher l’ADN.

A t-on une idée de la durée de la protection ? Rien n’est établi car nous n’avons évidemment pas suffisamment de recul. Mais les données actuelles semblent très rassurantes avec une protection probablement plus longue qu’on ne l’imaginait, certains parlant d’années, ce qui serait assurément une formidable nouvelle. L’éventualité d’une 3ème dose, un temps évoquée pour les 1ers vaccinés a été jugée prématurée par les autorités scientifiques françaises et internationales.  

Les scientifiques et les politiques disent qu’on apprend en marchant. Nous avons beaucoup marché, parfois en crabe, mais néanmoins avancé, et par conséquent beaucoup appris. Nous n’avons donc pas de certitudes absolues mais il semble vraiment que la vaccination constitue face à cette épidémie historique une bénédiction et le moyen le plus sûr voire LE seul d’en sortir. Charge à nous et aux pouvoirs publics de convaincre par plus de pédagogie que d’autoritarisme les récalcitrants de l’efficacité et de la sûreté de ces vaccins salvateurs. 

Docteur Serge Rafal