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Israël et les JO, d’Helsinki à Tokyo

Cette fois, c’est sérieux. Avec 89 athlètes aujourd’hui à Tokyo, Israël affiche la plus importante délégation de son histoire. Comme à chaque olympiade, il y a une vraie fierté nationale à entendre l’annonce du maitre de cérémonie résonner dans le stade et à voir l’équipe défiler derrière le drapeau d’Israël. Sauf que cette année, évidemment les gradins vont rester vides et que tout le monde sera logé à la même enseigne, à encourager ses sportifs depuis son salon.

Mais c’est toujours une de ces marques de souveraineté, de sentiment d’appartenance au concert des nations, selon la formule consacrée, qui continue à faire vibrer les Israéliens. Même si la participation à des compétitions internationales s’est banalisée et qu’Israël est présent dans de plus en plus de disciplines, les Jeux Olympiques gardent un caractère à part. La première fois qu’Israël a envoyé des sportifs, c’était en 1952, à Helsinki. Oui, c’était trop juste pour les Jeux de 1948 à Londres. Le Comité olympique n’avait pas envoyé la convocation à la bonne adresse et puis les Arabes ont menacé de boycotter les jeux. Et donc, les Anglais n’ont pas accordé les visas des deux sportifs sélectionnés. En 56, on est juste après la campagne du Sinaï, et beaucoup d’athlètes ont dû déclarer forfait. Mais pour le Liban, l’Irak et l’Egypte, les 3 Israéliens qui arrivent à Melbourne, c’est déjà trop. Et ils boycottent les Jeux. En 1968, à Mexico, les Israéliens commencent à aligner des sportifs de bon niveau, mais pas encore assez pour décrocher de médaille.

Et puis c’est 1972, à Munich, où les J.O basculent dans l’horreur. Le commando terroriste de Septembre Noir assassine onze athlètes et membres de la délégation israélienne, après en avoir tenu neuf en otages pendant près de deux jours. Les Israéliens n’oublieront jamais le drame, d’autant que le lendemain de l’assaut manqué des forces de sécurité allemandes, les organisateurs des JO tenaient une rapide cérémonie d’hommage aux victimes, avant de reprendre les compétitions comme si rien ne s’était passé. C’est aussi pour cela que, même près de 50 ans plus tard, le drapeau israélien à côté des anneaux olympiques déclenche toujours un petit pincement au cœur.

Vingt ans ont passé jusqu’aux JO de Barcelone en 1992, où Israël remporte ses premières médailles olympiques. Yaël Arad décroche l’argent en judo et Oren Smadja le bronze dans la même discipline. Et c’est à partir de là que le sport israélien fait un véritable décollage. D’abord, parce qu’à part à Londres en 2012, Israël a rapporté au moins une médaille de chaque olympiade. Et surtout, le judo est évidemment devenu une discipline qui attire toujours les jeunes Israéliens. Sans oublier bien sûr que la vague d’alyah des Juifs de l’ancien bloc soviétique dans les années 90, a apporté à Israël non seulement des sportifs, mais aussi des entraineurs de haut niveau dans de nombreuses disciplines, et en particulier en athlétisme et en gymnastique. Alors on espère que cette année, Israël ne sera plus seulement la nation des startups mais aussi la nation des champions.

Pascale Zonszain