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Coup de chaleur et déshydratation, à prévoir et à prévenir, la chronique du docteur Serge Rafal

Même si la météo de juin et juillet a imposé plutôt le port de pulls, de cirés et de doudounes, le réchauffement climatique fait que nous avons peu de chance d’échapper en août à quelques jours de canicule. Il vaut mieux s’y préparer si on se souvient de la catastrophe de 2003, responsable de près de 20 000 décès chez nous, autant en Italie et 70 000 pour l’ensemble de l’Europe.

L’organisme lutte contre la chaleur principalement par la transpiration puisque la sueur en s’évaporant élimine précisément de la chaleur. Ce mécanisme physiologique peut s’avérer insuffisant si la température et l’humidité sont très élevées d’où l’intérêt des mesures dont nous allons parler.

Celui-ci se produit lorsque le mécanisme de régulation de la température se révèle insuffisant. Ca peut être le cas chez les enfants, les personnes âgées et fragiles, souffrant de maladies aiguës ou chroniques et qui prennent certains médicaments (diurétiques, antidépresseurs, antiépileptiques, antidiabétiques, Ains dont l’aspirine, une classe d’anti-HTA (les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine comme le ramipril), les sulfamides) qui peuvent dérégler le thermostat.

Une sensation de chaleur intense, une peau rouge, sèche, moite et chaude, des maux de tête, des vertiges, une fatigue, une soif inextinguible, des nausées, des vomissements et déjà des troubles du comportement (de l’agressivité à la somnolence). Le coup de chaleur est une urgence médicale extrême, d’apparition rapide et d’évolution fatale, s’il n’est pas pris en charge immédiatement. 

La sensation de soif et de bouche sèche (encore qu’elle existe moins chez les personnes âgées), une réduction de la diurèse, c’est à dire une diminution du volume des urines, qui plus concentrées sont plus foncées, une fatigue extrême, des maux de tête. A l’examen, un pli cutané lorsqu’on pince la peau, un enfoncement des globes oculaires avec les yeux cernés et bien sûr les troubles du comportement ou la perte de conscience, qu’il ne faut évidemment pas attendre ni bien sûr atteindre. 

Un teint grisâtre, une baisse de tonus, la peau et la langue sèches, une perte de poids… et possiblement très vite des convulsions. Là aussi, il faut agir vite.

Une hyperthermie bien sûr, autour ou supérieure à 40°, une hyperventilation (autre moyen d’éliminer de la chaleur, ce qui font préférentiellement les chiens), souvent une tachycardie (pouls rapide), une TA basse ou effondrée, des troubles neurologiques qui vont des hallucinations au coma mortel, en passant par un délire, des convulsions, une prostration. Une réhydratation d’urgence et des mesures de refroidissement. 

Rester plutôt tranquille chez soi au frais, dans des atmosphères ventilées, en gardant fenêtres et volets fermés. Ne pas sortir aux heures chaudes de la journée, éviter les efforts physiques, porter des vêtements légers et amples. Boire avant même d’avoir soif, au moins 2 litres d’eau/jour en ajoutant 1 litre pour 10 degrés (soit 3 litres à 30°, 4 à 40°) et en évitant alcool, café et thé, se mouiller régulièrement le corps (aspersions d’eau, serviettes humides) et surtout la nuque. 

ême si ça n’est pas encore le cas : « L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud, dans les T-shirts, dans les maillots… » comme le chantait Eric Charden en 1979. N’attendez pas le coup de chaleur et la déshydratation, adoptez impérativement les mesures de prévention dès que la température s’élève, nos organismes sont fatigués par cette si longue pandémie. 

Docteur Serge Rafal