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Le gouvernement israélien a autorisé la vente de Pegasus à l’Arabie saoudite

Le gouvernement israélien a autorisé la société à fabriquer le logiciel espion de piratage téléphonique Pegasus en Arabie saoudite, a rapporté ce mercredi le quotidien britannique The Guardian. Des représentants de la société NSO ont ensuite rencontré des responsables saoudiens à l’été 2017 à Vienne, à Chypre et à Riyad. Les hommes d’affaires israéliens auraient démontré aux Saoudiens comment le logiciel espion peut s’emparer d’un iPhone et même commander à distance son appareil photo.

« Vous n’avez pas besoin de comprendre la langue pour voir qu’ils étaient étonnés et excités et qu’ils voyaient ce dont ils avaient besoin », a déclaré une source qui a assisté à la réunion en juin 2017 à Chypre avec de hauts responsables du renseignement saoudien. L’ONS a finalement vendu le logiciel espion aux Saoudiens dans le cadre d’un accord d’une valeur d’au moins 55 millions de dollars. « En Israël, il existe un mouvement politique fort pour faire de la diplomatie par le biais des affaires », a affirmé la source. « Les affaires d’abord, la diplomatie ensuite. Lorsque vous concluez un accord ensemble, cela ouvre beaucoup de portes à la diplomatie. »

L’utilisation du logiciel, baptisé Pegasus et développé par une société privée israélienne du groupe NSO, a été rapportée dimanche par le Washington Post, le Guardian, Le Monde et d’autres organes de presse qui ont collaboré à une enquête sur une fuite de données. La fuite concernait une liste de jusqu’à 50 000 numéros de téléphone qui auraient été identifiés comme des personnes d’intérêt par les clients de NSO, parmi lesquels se trouvait l’Arabie saoudite, selon les rapports. Parmi les numéros trouvés sur la liste figuraient deux appartenant à des femmes proches du journaliste d’origine saoudienne Jamal Khashoggi, qui a été assassiné par une escouade saoudienne en 2018.

Gabriel Attal