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Le changement climatique, et Israël ?

En Israël, on est habitué à la chaleur. Durant les mois d’été, de fin mai à fin septembre, personne ne regarde vraiment le thermomètre. Quant aux prévisions météo, elles sont laconiques « normal pour la saison », sauf quand une vague de chaleur vient troubler la régularité des températures et faire monter le mercure. Au cœur de l’été, on n’y prête pas vraiment attention. Et c’est surtout en début et en fin de saison que ces vagues de chaleur sont les plus pénibles. Celle de mai 2020 avait duré huit jours avec des maximales à 40° sur la côte méditerranéenne, des températures encore jamais atteintes à cette période de l’année.

Le climat semi-aride d’Israël fait pourtant que sa population est plus accoutumée aux fortes chaleurs et que son comportement est généralement plus adapté. Comme dans tous les pays chauds, en Israël on a l’habitude de boire, de se protéger de la chaleur, de rechercher l’ombre et de s’habiller en conséquence. Sans compter évidemment la généralisation de la climatisation, dans les transports comme dans les habitations. Ce qui renforce aussi la dépendance à l’électricité, qui connait des pics de consommation au moment des plus fortes températures, comparables à ceux de l’hiver. En Israël, la température moyenne a augmenté d’1,4° entre 1950 et 2017, avec une accélération au cours des trente dernières années. Et ce alors qu’elle n’avait grimpé que d’un seul degré entre 1850 et 1980. Et la température moyenne devrait encore monter d’1,2° d’ici 2050.

Si les experts divergent sur les projections en ce qui concerne le changement climatique, il est vrai qu’en Israël, les périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, que les incendies de forêt sont un événement courant et que les précipitations à la saison des pluies, sont de plus en plus souvent accompagnées de phénomènes de crues et d’inondation en zone urbaine. Sans verser dans le catastrophisme, il faut pourtant constater que ces phénomènes se retrouvent dans toute la région et qu’il faut aussi les prendre en compte comme un paramètre stratégique susceptible d’impacter la sécurité du pays. Quand la température augmente, cela a des effets sur tout le fonctionnement de l’économie, mais aussi des équipements, et surtout des humains. C’est aussi le cas pour les crues et les inondations qui deviennent de plus en plus fréquentes, même si la quantité moyenne de précipitations a réduit. Si elles sont connues dans le désert, elles sont en revanche beaucoup plus dangereuses dans les zones très urbanisées, comme on l’a vu ces deux derniers hivers sur la plaine côtière.

Si la sensibilisation en Israël est plus tardive qu’ailleurs, elle est pourtant réelle. En avril, le gouvernement avait présenté un plan visant à une réduction de 80% des gaz à effet de serre d’ici 2050. Le gouvernement actuel devrait poursuivre dans cette direction. Même si Israël ne compte que pour 0,2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la question du changement climatique est aussi perceptible au niveau local. Et il va falloir que le pays s’adapte. D’autant que ce sera aussi l’occasion d’encourager et de développer les technologies liées aux énergies renouvelables qui ont déjà des réponses israéliennes.

Pascale Zonszain