(Crédit: Amos Ben Gershom/GPO)

Le pari anti-Covid de Bennett

Trois semaines après son premier point de presse sanitaire, le chef du gouvernement israélien a renouvelé l’exercice mercredi, pour exposer à ses concitoyens son plan de lutte contre le variant Delta qui sévit dans le pays depuis le début du mois de juin. Naftali Bennett a choisi de privilégier la responsabilisation plutôt que la contrainte, en appelant une nouvelle fois les Israéliens à participer à l’effort sanitaire. Nous voulons préserver la santé publique en limitant autant que possible les restrictions, a-t-il expliqué. Autrement dit, pas question de parler de confinement, ni de fermeture sélective de certains secteurs de l’activité économique. Pas question non plus de réactiver immédiatement le pass sanitaire, même si la mesure est déjà à l’étude.

Il faut dire que contrairement à la France, Israël avait déjà utilisé ce dispositif au début du printemps, quand le nombre de personnes vaccinées était devenu suffisamment important pour permettre la réouverture des restaurants, des musées et d’autres lieux publics. Si le système avait fonctionné, il faut reconnaitre aussi qu’il était de moins en moins appliqué, au fur et à mesure que la population vaccinée augmentait, jusqu’à être totalement levé le mois dernier. Mais le public, comme les professionnels n’auront pas de difficulté à y revenir, puisqu’ils l’ont déjà fait.

Naftali Bennett n’a pas envisagé de vaccination obligatoire, notamment parce que plus des deux tiers de la population qui peut être vaccinée, a déjà reçu ses deux injections. Il s’agit donc d’encourager ceux qui ne se sont pas encore fait vacciner, pour augmenter les défenses collectives, mais pas de les y contraindre.

On est donc en Israël dans une configuration différente, où ce sont surtout les voyages internationaux qui restent le talon d’Achille. C’est par l’aéroport international Ben Gourion, que le virus du Covid, puis son variant ont fait leur entrée dans le pays, alors que de nombreux Israéliens n’ont pas respecté la période d’isolement à leur retour. Le Premier ministre a promis que cette faille  de « l’autoroute à virus », comme il l’a appelée, était en cours de règlement, tout en assurant que les consignes seraient plus faciles à respecter si elles étaient plus réalistes. La période de quarantaine a donc été réduite de 14 à 7 jours, mais sera beaucoup plus sévèrement contrôlée et, le cas échéant, sanctionnée.

Naftali Bennett a insisté sur la nécessité du port du masque et du respect des distanciations sociales, comme les deux autres volets de ce triptyque sanitaire qu’il propose aux Israéliens. Avec la même approche de motivation plutôt que de contrainte, de moins de mesures obligatoires, mais avec une application renforcée.

Il s’agit donc d’éviter de réimposer 120 jours de confinement et, pour les plus jeunes, une nouvelle année scolaire de 200 jours de cours à distance. Ce pari du contrat social, le premier commissaire au Covid l’avait tenté sans succès en 2020, avant de se résoudre à fermer l’activité économique. Le nouveau gouvernement israélien est convaincu qu’il peut relever le défi. Naftali Bennett a donné une seule indication de temps : 5 semaines. Et il n’a pas fait de promesse. Reste à voir si cette stratégie sera payante.

Pascale Zonszain