La Radio Juive

Anne-Sophie Sebban-Bécache sur Radio J: « Ce n’est pas une paix uniquement symbolique mais une paix des peuples »

(Crédit: Twitter)

Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice d’AJC Paris, était l’invitée de Laurence Kahn ce mercredi matin sur Radio J, à 7h47. Elle est revenue sur la diplomatie israélienne avec les premiers pas du ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid.

C’est une visite historique : Yaïr Lapid s’est rendu aux Emirats arabes unis pour la signature d’un accord de coopération économique et commercial. « On est totalement au-delà du symbole. C’est vraiment extraordinaire de voir ça. C’est la première rencontre entre Yaïr Lapid et le ministre des Affaires étrangères émirati depuis l’annonce des accords de normalisation il y a environ neuf mois. C’est évidemment l’ouverture d’une ambassade. […] C’est une étape essentielle dans l’établissement de relations diplomatiques. […] C’est le premier pays arabe à normaliser ses relations avec Israël depuis l’Egypte puis la Jordanie. […] C’est un nouveau Moyen-Orient qu’ils dessinent », explique Anne-Sophie Sebban-Bécache.

Cet accord entre les deux pays et la région montre qu’il y a « évidemment un enjeu stratégique qui est l’alliance entre Israël et ces Etats arabes sunnites face à la menace iranienne. C’est aussi lié à un enjeu économique clé. […] Et puis un enjeu pour les sociétés. […] Ce n’est pas une paix uniquement symbolique mais une paix des peuples ».

Par ailleurs, il faut savoir que l’AJC a annoncé il y a quelques jours l’établissement officiel de leur premier bureau à Abu Dhabi. « Le fait qu’une organisation juive internationale s’établisse aujourd’hui dans la région […] prouve tout le chemin qui a été parcouru et qui s’ouvre aujourd’hui pour créer des relations entre les sociétés civiles et pas uniquement sur le plan économique. C’est ça qui va être clé pour sceller une paix durable entre ces pays. »

À la question de savoir quel rôle et quelle influence Abu Dhabi a dans la région sur la question épineuse de Jérusalem, Anne-Sophie Sebban-Bécache répond : « Sur la question de Jérusalem c’est très compliqué pour les pays du Golfe, pour les Emiratis de se prononcer aujourd’hui. C’est la question sans doute la plus épineuse de résolution du conflit. Ce qui est sûr en tout cas c’est que cette normalisation, ces relations qui vont être établies doivent créer un terreau favorable pour la reprise des négociations avec les Palestiniens. […] On espère tous que ce vent de paix régional mette des ondes positives sur le conflit israélo-palestinien »

Par ailleurs, le président américain Joe Biden a fait au président israélien la promesse que l’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire sous sa surveillance. « L’objectif des Américains et des Européens est très clair : le retour des États-Unis dans l’accord nucléaire mais qui ne se fait pas sans conditions très strictes sur le respect par les Iraniens de leurs obligations. […] Les États-Unis gardent une marge de manœuvre. […] Je crois qu’on peut compter sur la nouvelle administration américaine pour maintenir cette pression ».

En outre, le nouveau président iranien est ultra-conservateur. Cela nous laisse nous interroger sur une éventuelle radicalité encore plus accentuée ou bien sur une continuité de la politique iranienne. « Le fait qu’il ait été nommé président [montre] qu’il y a un aveu d’un certain affaiblissement du régime iranien. On ne peut pas s’attendre à une détente avec un tel président. Il entrera en fonction à partir du mois d’août. Ce qu’espèrent les Américains et les Européens, c’est de réussir à nouer cet accord avant le mois d’août. » Finalement, « pour Israël, l’Iran est une menace existentielle. L’arme nucléaire vise en premier lieu Israël et Israël ne peut pas se permettre comparativement aux États-Unis ou à l’Europe de négocier avec un État qui souhaite sa destruction. […] Il est souhaitable pour personne que l’Iran se dote de l’arme nucléaire ».

Cécile Breton

LE 30-06-21 - 10:13