(Crédit: capture d'écran YouTube)

Patrick Sorkine sur Radio J: « Il y a une espèce de fixation psychologique sur le vaccin »

Patrick Sorkine, chef du service réanimation à l’hôpital Maayan Yeshoua à Bné Brak, était l’invité d’Ilana Ferhadian ce jeudi matin sur Radio J, à 7h47. Il est revenu sur la reprise du coronavirus en Israël. 

Naftali Bennett, le Premier ministre israélien a mis en garde la population. En effet, alors que la situation s’était nettement améliorée depuis plusieurs semaines, le coronavirus est de retour en Israël. Selon Patrick Sorkine, « à partir du moment où les Israéliens ont commencé à rouvrir ou, d’autre part, les touristes étrangers sont arrivés en Israël, il y a une contamination qui a été faite ». Autre problème : « La covid est toujours là. Il mute constamment. De ce fait, il faut faire excessivement attention. » De plus, alors que beaucoup pense que la situation est réglée, « la situation est la même. Elle doit être monitorée d’une manière évidente. Le vaccin a fait ses effets d’une manière excessivement positive en Israël et le reste du monde doit faire la même chose ».

Nous entendons également parler du variant indien delta. Ces derniers jours, 70 % des personnes contaminées présentaient des symptômes de ce variant. « Il est certainement plus contagieux mais il n’est pas plus difficile à gérer que les précédents variants. Les signes cliniques sont exactement les mêmes. Ça commence par un syndrome pseudo grippal et ensuite ça évolue des fois, malheureusement, avec une insuffisance respiratoire excessivement difficile à gérer. […] Donc, c’est le même système. […] Le variant anglais à l’époque contaminait très rapidement. Le delta c’est la même chose. »

Par ailleurs, les écoles sont devenues des foyers épidémiques. Nous estimons que, la semaine dernière, 111 personnes affectées sur les 219 avaient moins de 16 ans. Cela laisse penser qu’il faut lancer la vaccination pour les plus jeunes. « À partir de 12 ans, à mon avis, les enfants peuvent être vaccinés avec une sécurité évidente. Pourquoi ? Pour deux raisons. La première c’est parce que s’ils n’ont pas de signes cliniques ils sont transporteurs du virus. Deuxième temps : ils peuvent être aussi malades ».

Patrick Sorkine ajoute qu’il ne faut « pas avoir peur de la vaccination. Il y a une espèce de fixation psychologique sur le vaccin, notamment sur Pfizer. Je ne comprends pas. […] C’est pas plus dangereux que le vaccin de la grippe en termes d’effets secondaires ».

À l’heure où nous écrivons, plus de la moitié de la population d’Israël a reçu les deux doses du vaccin. À la question de savoir si une troisième dose est envisagée, le chef du service de réanimation répond : « C’est une question qui est bien évidemment évidente. Pour l’instant, il n’y a pas de réponse, dans le sens où il y a deux types d’immunité. Une immunité qui s’effectue en termes d’anticorps. C’est ce que fait le virus. Et, il y a ce que l’on appelle une immunité immorale qui joue au niveau de certains membres de cellules de mémoire. […] Donc, c’est extrêmement difficile de savoir si on doit faire une troisième injection. »

Face à cette situation, l’ouverture des frontières a été reportée au mois d’août. Un retour strict des restrictions pourrait alors possiblement être mis en place. Pour Patrick Sorkine, « il doit y avoir effectivement des mesures excessivement strictes de contrôle des gens qui arrivent et qui partent d’Israël. […] À mon avis, c’est la clé. Maintenant, je pense que d’un point de vue général, dans les endroits clos, fermés ou les endroits ouverts où il y a énormément de personnes, le port du masque doit être absolument recommandé ».

Pendant ce temps, en France, le virus décroît petit à petit. Ce sont des signes positifs. Toutefois, nous observons un relâchement de la population, notamment lors de la fête de la musique. « En France, il y a deux problèmes. Il y a le problème d’un retard au niveau des vaccins. Maintenant, c’est compensé. Et, deuxième temps, de la non-volonté du peuple français de se faire vacciner. […] Il faut faire très attention. Je m’inquiète en termes de grandes vacances ».

Cécile Breton