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La situation paradoxale du nouveau pouvoir israélien, le billet de Shmuel Trigano

Dans son billet à 7h05 ce jeudi matin, dans le Morning d’Ilana Ferhadian sur Radio J, Shmuel Trigano est revenu sur la nouvelle coalition formée par Yaïr Lapid et Naftali Bennett.

Israël semble avoir repris son rythme normal mais le nouveau pouvoir israélien reste fragile. Il ne l’emporte que d’une seule voix au parlement, alors même que la coalition au pouvoir est constituée de partis aux idéologies profondément contradictoires entre elles de sorte que le lien qui les lit est très faible.  C’est un gouvernement qui, sur le terrain parlementaire penche plus vers la gauche que vers la droite au point que la question de savoir dans quel sens il va ne reçoit que des réponses évasives et incertaines.

La droite dissidente du Likoud qui est au pouvoir  a ouvert les portes du gouvernement à une gauche qui en était exclue depuis longtemps. Mais elle s’est constituée aussi otage de la gauche pour ce qui concerne la détention du pouvoir et la fonction de premier ministre.

On obtient ainsi une situation improbable qui voit le poste de premier ministre aller à un député, Bennet, président d’un parti  peu représentatif de sept députés qui n’est soutenu que par une majorité faite de minorités qui laisse hors du pouvoir le parti le plus majoritaire, le Likud et le leader le plus plébiscité, Netanyahou. Sans compter – cerise sur le gâteau – qu’une bonne partie de l’électorat de la droite dissidente se sent trahi – ce qui est vrai- du fait de la coalition qu’il a formé avec la gauche.

Tout le monde croyait que la démocratie c’était le règne de la majorité mais on n’avait pas encore pensé qu’lle serait formée de minorités hostiles les unes aux autres, mais dont  la haine envers Natanyahou, les fusionnerait dans la détestation.  

Mais tout cela, c’est sans compter avec le jeu des deux partis arabes: quand les Frères Musulmans (quatre sièges), ou un député de la coalition se dérobe au vote ou vote contre, il y a toujours pour le gouvernement la possibilité de faire entrer en scène ponctuellement le parti des nationalistes palestiniens (La «  »Liste unifiée »). Il est en dehors e la coalition mais prêt à l’aider pour écarter le retour de Netanyahou…

Quant à savoir si cette coalition mérite son nom « d’union » elle écarte de facto tout l’électorat religieux et sioniste religieux et les électeurs du parti majoritaire, la droite trahie par les siens. Le démocratie ce n’est plus la loi de la majorité. 

Shmuel Trigano