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Kibboutz Ketura. Algatech, cultivateur de micro algues, la chronique de Daniel Rouach

Dans la chronique High-Tech de Daniel Rouach ce lundi à 7h05, dans le Morning de Radio J, au micro d’Ilana Ferhadian, le président de la chambre du commerce et de l’industrie Israël-France, s’est intéressé au rachat de firmes israéliennes par des entreprises françaises.

Depuis une dizaine d’années, des entreprises françaises ont racheté des firmes israéliennes qui avaient émergé dans des Kiboutzim. En Israël, les 256 kibboutzim représentent 3% de la population totale. Avec 9% de la production industrielle nationale et 40% de la production agricole les kibboutzim sont toujours bien vivants et se placent dans des industries du futur. Les kibboutzim fabriquent des produits métallurgiques, électronique, plastiques et caoutchouc, agroalimentaire, optique, cuirs et textiles, médicaments et produits chimiques, équipements de bureau,  matériel de construction, jouets, bijoux et instruments de musique.

Le Groupe Solabia, fabricant français de produits naturels pour les industries du cosmétique, de la pharmacie et de la microbiologie, a fait l’acquisition d’Algatech (un rachat de 100 Millions de dollars), un cultivateur israélien de micro algues, basé dans le Kibboutz Ketura dans le désert d’Arava dans le sud d’Israël. Ketura situé au nord d’Eilat relève de la compétence du conseil régional de Hevel Eilot.

Fondé en 1998, Algatech est à la pointe de la recherche dans l’industrie des micro algues, et est l’une des rares entreprises au monde qui a réussi à obtenir une production à l’échelle commerciale avec des hauts niveaux. Les micro-algues sont des algues microscopiques que l’on trouve dans l’eau douce et la mer. Elles peuvent s’adapter à des environnements particulièrement difficiles.

Contenant presque tous les éléments nutritionnels de base pour la vie, les micro-algues sont reconnues comme l’une des sources durables à long-terme les plus prometteuses pour la nourriture, la santé, la chimie et d’autres produits. Elles sont utilisées aujourd’hui pour des composants cosmétiques et des compléments alimentaires, mais elles ont aussi le potentiel de répondre au besoin d’une population croissante pour un approvisionnement en nourriture plus durable, et plus spécifiquement la demande croissante de sources véganes de protéines et de lipides à haute valeur.

L’équipe d’Algatech a développé des techniques pour cultiver les algues dans des tubes en verre comme dans une serre, un processus qui fonctionne entièrement avec de l’énergie renouvelable. Le climat aride et stable du désert, sa forte intensité en lumière tout au long de l’année, un air propre et non pollué sont cruciaux pour une production d’algue réussie et durable. Le processus vise à copier la processus naturel en utilisant de l’énergie solaire et des eaux usées recyclées, avec seulement de l’oxygène comme déchets.

Algatech exporte ses produits vers plus de 35 pays dans le monde. Secteurs concernés: les industries de la nutrition, des cosmétiques et de l’alimentaire. Le rachat par Solabia aidera Algatech à développer sa croissance, même si l’entreprise a eu une croissance de revenus à deux chiffres.

L’investissement stratégique de Solabia va soutenir la recherche continue d’Algatech dans la R&D et les développements de produits, mais aussi l’extension de ses capacités de production, permettant à l’entreprise de répondre à la demande mondiale en croissance pour des micro-algues. Algatech va devenir le fer de lance de la division nutrition de Solabia.

L’entreprise d’investissement basée au Royaume-Uni Grovepoint Capital et la Fondation charitable JCA, qui étaient les investisseurs d’Algatech, ont vendu leurs parts, et le Kibboutz Ketura garde une part minoritaire dans l’entreprise après l’accord. (IsraelValley et Times of Israel).

Shamir Optical Industry avaient annoncé il y a onze ans l’acquisition effective de 50% de  Shamir Optical par Essilor.  Shamir Optical est un acteur de l’industrie de l’optique ophtalmique en forte croissance et offrant des produits et technologies innovants. Shamir Optical avait réalisé, au moment de son acquisition,un chiffre d’affaires de 158 millions de dollars, principalement en Europe et aux États-Unis.

« Shamir Optical est en parfaite cohérence avec notre stratégie, qui consiste à étendre notre offre dans le segment du milieu de gamme », avait déclaré le Directeur général d’Essilor.

Shamir Optical est l’un des leaders du marché des verres correcteurs, auquel il apporte des technologies et produits innovants et dispose d’une des meilleures équipes de recherche et développement au monde, qui lui permet de concevoir les verres progressifs, les moules, les technologies et outils connexes les plus performants.

Shamir a mis au point un logiciel permettant de concevoir des verres progressifs dédiés à différents environnements et activités, basé sur ses propres algorithmes et a également créé des outils informatiques spécifiquement conçus pour les besoins de la recherche et de la production, dont Eye Point Technology, simulateur de la vision humaine.

Dans l’Express : « Avec sa vue imprenable sur la vallée de Hula, carrefour des oiseaux migrateurs de haute Galilée, sa piscine, ses courts de tennis et ses jardins impeccablement tenus, Shamir a de faux airs de résidence de vacances pour amoureux de la nature. Pourtant, cette ancienne ferme collective située près de la frontière israélo-libanaise a connu une autre histoire. Il s’agit en effet du premier kibboutz à avoir introduit une société à Wall Street… 

En entrant au Nasdaq Shamir Optical avait d’abord provoqué des grincements de dents parmi les 280 membres du kibboutz, détenteurs de 60 % de son capital. « Les gens n’ont pas facilement adhéré à l’idée de rémunérer l’un des leurs en stock-options », concède le PDG et fondateur de cet « Essilor israélien ».

Fondé en 1944 par un groupe d’idéalistes d’origine roumaine, Shamir n’en est pourtant pas à sa première mutation. « Dans les années 50 et 60, avant sa reconversion dans l’industrie, notre coopérative agricole tirait le diable par la queue ». Shamir fait partie des rares kibboutz à s’être engagés sur la voie de la privatisation dans un climat prospère. Il y a vingt ans, ses membres avaient opté pour la propriété privée et pour le salaire différencié, sans trop d’états d’âme.

Daniel Rouach