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Elie Barnavi sur Radio J: « Il y a une espèce de fatigue de Netanyahou dans l’opinion publique »

Élie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, était l’invité d’Ilana Ferhadian dans le Morning ce mardi matin sur Radio J, à 7h47. Il est revenu sur la situation politique après le vote de confiance de ce dimanche à la Knesset. 

Après douze années à la tête du gouvernement, Benjamin Netanyahou a été écarté du pouvoir par son ancien allié Naftali Bennett. Un départ forcé qu’il a du mal à digérer. Il est déjà dans un esprit de vengeance. Et, la situation politique est particulièrement complexe avec une coalition compliquée entre des partis religieux à droite et le centre gauche. Face à cette situation, cette nouvelle alliance parviendra-t-elle à fonctionner ? Pour Élie Barnavi, « toutes les suppositions sont valables. Il y a plusieurs écoles. Moi je suis de celles qui pensent que cette coalition a une chance tant que Netanyahou est chef de l’opposition. C’est lui qui a créé cette coalition. C’est à cause, ou grâce à lui, qu’elle s’est faite et c’est lui qui va la fédérer. Tant qu’il est là, il va essayer de rester parce qu’il est condamné à réussir ».

Par ailleurs, il est important de noter qu’il n’y a pas d’orthodoxes dans la coalition. « Si vous êtes orthodoxe en Israël vous pensez que c’est une très mauvaise nouvelle. Si vous ne l’êtes pas, vous pensez que c’est plutôt une bonne nouvelle, qu’il était grand temps de couper un peu des mamelles de l’État. » Il faut de surcroît préciser que l’ancien gouvernement de Benjamin Netanyahou faisait face à une certaine pression orthodoxe. « Je pense que l’actuelle équipe ne voudra pas les humilier, les mettre plus bas que terre. Mais, […] ils sont absolument indispensables si l’on veut que l’État d’Israël puisse continuer à être la société du premier monde, sinon on va glisser vers celle du troisième monde. Il faut absolument que les orthodoxes travaillent davantage. Il faut introduire des matières essentielles dans le système d’éducation et il faut surtout réduire cette espèce de force morte. »

À présent, la question est de savoir comment l’ancien numéro un peut espérer revenir au pouvoir. « C’est possible. Il est chef de l’opposition. Il est à la tête de la présente formation à la Knesset avec 30 députés. Il dispose des loyaux de fidèles. […] Il a évidemment soif de revanche. Tout est possible. Et la majorité au pouvoir ne dispose pas de la majorité. […] Donc, ce n’est pas impossible. Mais, ce n’est pas évident non plus parce qu’il commence déjà à y avoir des mouvements divers au sein du Likoud. […] Je pense que ses chances ne sont pas aussi bonnes qu’il n’y paraît. »

Finalement, il ne faut pas oublier que Benjamin Netanyahou est impliqué dans plusieurs affaires criminelles. Certains disent même qu’il pourrait aller bientôt en prison. « Bientôt non, mais ce n’est pas une impossibilité. Son procès continue. Cette fois, il n’est plus Premier ministre, donc […] ça va moins intimider. […] Et, il y a une espèce de fatigue de Netanyahou dans l’opinion publique. »

Cécile Breton