(Crédit: unité du porte-parole de la police israélienne)

Le fléau des incendies de forêt

En Israël, les forêts représentent environ 7% du territoire. C’est peu en proportions, mais c’est beaucoup quand on sait que le pays recense en moyenne un millier d’incendies de forêt chaque année, qui détruisent 2% de surface forestière par an. Comme ceux qui ont touché mercredi les environs de Jérusalem, ces feux surviennent le plus souvent au début de l’été et à la fin de l’automne, les deux périodes les plus sèches de l’année et celles où le feu se propage le plus rapidement.

Comme partout ailleurs, ces feux de forêt ne se déclenchent pas par combustion spontanée. Ce genre de cas est rarissime. Ce sont plutôt des incendies provoqués par l’homme, qu’il s’agisse de négligence, d’accident ou d’acte volontaire. On se souvient du terrible incendie du Carmel, près de Haïfa, en décembre 2010, qui avait fait 44 morts et détruit plus de 5.000 hectares de forêts. A l’époque, on avait dénoncé un équipement obsolète et des services en sous-effectifs par manque de budget, pour répondre à la menace du feu. Il avait d’ailleurs fallu faire appel à l’aide internationale et trois jours d’efforts, pour venir à bout de l’incendie.

Depuis, Israël a adopté une nouvelle doctrine de lutte contre les feux de forêt et la création d’une escadrille de l’aviation de Tsahal, dédiée à la lutte contre les incendies. Et le ministère de la Sécurité intérieure s’est dotée d’un service de prévision d’incendie, qui prend en compte les données météorologiques, topographiques, d’hygrométrie, la cartographie des sites sensibles, des dépôts de produits inflammables ou des décharges, et qui permettent de déterminer les zones les plus à risque.

Depuis, d’autres vagues d’incendies ont touché Israël, notamment en 2016 et en 2019, mais heureusement pas dans les mêmes proportions que la catastrophe du Carmel. Il n’en reste pas moins que les zones forestières restent extrêmement vulnérables. Avant les incendies de mercredi, au moins deux autres feux avaient touché la région de Jérusalem depuis le début du mois de juin. Le plus souvent, ils sont causés par la négligence, un mégot de cigarette ou un barbecue mal éteint, voire un feu de déchets dans des zones interdites. Ensuite, la sécheresse et le vent suffisent à propager des braises et à incendier des hectares de végétation.

Et il faut aussi évoquer bien sûr les incendies volontaires, le plus souvent de nature terroriste. Cela a déjà été le cas autour de Jérusalem, mais surtout dans toute la zone du pourtour de Gaza, où les localités frontalières du territoire côtier palestinien sont la cible depuis trois ans de lancers de ballons incendiaires. Ces attaques ont détruit des dizaines d’hectares de parcs naturels de l’ouest du Néguev, mais aussi de récoltes, causant de graves dommages aux agriculteurs de la région. Depuis, le KKL et les pompiers ont déployé tout un dispositif de guet pour détecter et alerter sur tous les départs de feu, avant leur propagation. Mais l’arme des ballons piégés continue d’être utilisée par les terroristes de Gaza, même si le nombre des attaques a considérablement réduit.

Cela dit, les conditions et le changement climatiques rendent Israël très vulnérable aux feux de forêt et de broussailles, et vont nécessiter des moyens et des efforts supplémentaires pour lutter contre le phénomène.

Pascale Zonszain