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Ilan Greilsammer: « Il faut une autre atmosphère politique et sociale en Israël. Il faut changer »

Ce jeudi matin sur Radio J, Ilan Greilsammer, professeur de Sciences politiques à l’Université Bar-Ilan, était l’invité de Christophe Dard dans le Morning d’Ilana Ferhadian, à 7h47. Il est revenu sur le vote de confiance du nouveau gouvernement israélien qui aura lieu dimanche après-midi à la Knesset.

À l’approche du vote de confiance du nouveau gouvernement israélien, la question de savoir si le chef de l’opposition Yaïr Lapid aura la majorité des 61 députés se pose. « La nouvelle coalition organisée par Yaïr Lapid a l’air solide. Pour l’instant, les 61 députés sont garantis pour le vote. Maintenant, nous ne sommes que jeudi et le vote a lieu dimanche et, dans la réalité israélienne, on ne sait jamais. Mais, a priori, je ne vois plus quelque chose de particulier qui puisse empêcher la constitution du nouveau gouvernement », explique Ilan Greilsammer.

Dans le même temps, le Likoud prépare l’après. De plus, si le vote de confiance est favorable au nouveau gouvernement, le plus dur est à venir : huit partis différents dans un gouvernement de coalition avec le souhait de tourner la page Benyamin Netanyahou. « Tourner la page Netanyahou, c’est certain. Mais, il s’agit aussi de ce qu’a signifié dans ces derniers mois et dans ces dernières semaines ce gouvernement Netanyahou, c’est-à-dire beaucoup d’injures, beaucoup de tentatives de délégitimer tout ce qui n’est pas Netanyahou. Et, […] l’atmosphère diffusée par le Likoud et par Netanyahou ces dernières semaines est une atmosphère empoisonnée ». Tourner la page, c’est donc « vouloir un gouvernement, disons-le, plus droit, plus honnête, plus calme, plus tranquille. […] Et, je crois que ce gouvernement composé de huit partis droite, centre, gauche va s’attacher à développer quelque chose de nouveau ». Ce gouvernement veut d’ailleurs s’appeler le gouvernement de Guérison afin de « guérir la société israélienne de ses fractures et de cette atmosphère assez empoisonnée ». Pour le professeur de Sciences politiques, « il faut une autre atmosphère politique et sociale en Israël. Il faut changer ».

Le Likoud se prépare également à être dans l’opposition et à l’après Netanyahou. Toutefois, ce dernier veut rester le président du parti et le chef numéro un de l’opposition. Une crise pourrait-elle donc être déclenchée ? « Il va y avoir une crise. Pourquoi ? Parce que, quand un parti est au gouvernement, comme depuis douze ans Netanyahou et le Likoud, il en contient pas mal de gens ». À présent, au cœur de l’opposition, Netanyahou risque d’avoir du mal à empêcher certains qui sont « en train de rassembler leur soutien à l’intérieur du Likoud pour l’après Netanyahou ».

Finalement, « nous savons tous dans l’Histoire que des leaders extrêmement forts et puissants ont été remplacés à un moment donné. […] Oui, il y a aura quelqu’un d’autre probablement ».

Cécile Breton