L’infamie de Mélenchon ne rend pas le Rassemblement National fréquentable

Ce mercredi matin à 7h08 dans le Morning d’Ilana Ferhadian sur Radio J, Guy Konopnicki est revenu sur les propos conspirationnistes du leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

L’effet repoussoir provoqué par Jean-Luc Mélenchon et ses bouffées de « complotisme » rejaillit sur l’ensemble de la gauche. Manuel Valls ne s’était pas trompé, il y a bien deux gauches inconciliables… Malheureusement, on entend surtout celle dont le tribun ose dire que l’assassinat d’enfants juifs sur le sol de France est un incident, dont l’effet, sinon le but, serait de stigmatiser les musulmans. Mais qui, par cette déclaration, associe les musulmans au terrorisme islamiste, alors même que le tueur de l’école juive de Toulouse avait tout aussi froidement abattu trois soldats français, choisis au faciès, parce qu’ils étaient originaires du Maghreb ?

Ces trois militaires, dont deux étaient de confession musulmane, furent assassinés, parce que leur régiment avait combattu en Afghanistan, dans le cadre d’une intervention approuvée en 2001 par le gouvernement de Lionel Jospin dont Monsieur Mélenchon faisait partie… 

L’autre gauche, porteuse de la tradition démocratique et humaniste, est inaudible, minée par ses divisions, et, à la veille des élections départementales et régionales, elle n’ose se démarquer de LFI, dont elle a besoin, au second tour, dans les cantons et les régions. Le PS fait le gros dos, les Insoumis osent tout. Dans le XXème arrondissement de Paris, où se déroulait une élection législative partielle, la candidate soutenue personnellement par Jean-Luc Mélenchon a mené une campagne ordurière contre la candidate socialiste, la socialiste l’a tout de même emporté… Mais que de haine déversée… La haine des démocrates, de tous les démocrates, est le socle du programme commun de LFI et du Rassemblement National.

Ces deux partis partagent aussi une même empathie pour les régimes autoritaires. Monsieur Thierry Mariani, qui conduit la liste du Rassemblement National en Provence et risque fort d’emporter la région, n’a de cesse de défendre Bachar Al Assad, co-responsable avec Daesh de 380 000 morts. 

Il paraît, qu’en réaction à l’antisionisme qui infecte la gauche, des juifs seraient tombés sous le charme du Rassemblement National… Ils voteraient, en PACA, pour Mariani, l’ami de Bachar Al Assad, et qu’importe, si la Syrie, ce vieil ennemi d’Israël, est l’alliée du Hamas, du Hezbollah et, surtout, de l’Iran… Ils voteraient, en Ile de France, pour Jordan Bardella, qui a organisé au Parlement Européen un groupe commun avec l’Alternative Für Deutschland, parti qui assume fièrement le passé de l’Allemagne et proteste contre l’importance prise, à Berlin, par le souvenir de la Shoah… 

En France, Jordan Bardella ne se prive d’ailleurs pas d’adresser des signes à l’électorat du vieux Front National, qui pourrait craindre que le RN a sincèrement rompu avec l’antisémitisme. Il a ainsi amalgamé le port de la kipa à la volonté d’imposer l’uniforme islamiste dans l’espace public. Comme si les juifs, qui, dans l’ensemble se montrent respectueux des règles laïques à l’école publique comme dans les institutions de la République, pouvaient être comparés aux islamistes radicaux, qui ont fait du voile des femmes un étendard séparatiste. En outre, on ne saurait dire que le port de la kipa dans les lieux publics se développe quand nous voyons plutôt des juifs observant la retirer par crainte des agressions.

L’infamie de l’extrême gauche et la décrépitude de la gauche démocratique ne rendent pas le Rassemblement National fréquentable. Au surplus, si l’antisionisme gauchiste tente d’imposer son hégémonie à l’université et demeure influent dans les médias, si l’islamisme rend la vie impossible dans certains quartiers, les forces politiques qui s’en nourrissent ne pèseront guère dans les scrutins régionaux des 20 et 27 juin, et moins encore lors de l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon se montre d’autant plus agressif qu’il est en chute, les sondages le placent à la moitié de son score de 2 017. 

Les élections régionales sont le meilleur terrain pour le Rassemblement National qui peut emporter plusieurs régions, et Marine Le Pen est fort loin d’être battue d’avance au second tour de l’élection présidentielle. Alors, quoique nous puissions penser de la politique d’Emmanuel Macron ou de celles de nos présidents de régions, nous n’avons guère le choix…

Guy Konopnicki