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Des mots haineux de Jean-Luc Mélenchon à la gifle reçue par le Président Macron, la chronique de Muriel Ouaknine Melki

Nous assistons à une perte de valeurs terribles et dangereuses ces derniers temps. La gifle reçue par le Président de la République en est une triste et parfaite illustration. La violence des mots, la haine véhiculée par le langage finissent toujours par s’imprimer dans les esprits faibles, et un jour, l’un d’entre eux traduit les mots haineux entendus ou lus à longueur de journée par un passage à l’acte violent. C’est pour cette raison que nous combattons sans relâche toutes les paroles de haine qui gangrène notre société et l’abime chaque jour un peu plus.

Ces mots ne sont jamais vains, jamais inoffensifs, ils véhiculent des idées qui sont parfois dangereuses pour notre démocratie, qui brouillent nos repères et cassent notre échelle de valeurs. Quand le Président Macron reçoit une gifle, c’est la concrétisation de toutes les caricatures haineuses qui fleurissent sur la toile, de tous les discours hargneux de certains de ces opposants. Et à ceux qui opposeront la liberté d’expression, la liberté d’opinion dans le combat politique , je répondrai que l’incitation à la haine c’est cela.

Des mots répétés, rabâchés lâchés décomplexés , appelant exhortant à un sentiment de rejet vis-à-vis d’un homme, et qui un jour arment la main ou le poing d’un parfait inconnu qui assène une gifle au Président venu à la rencontre de ses administrés. Alors oui , les propos haineux doivent toujours être dénoncés, combattus car ils sont toujours les  prémices d’un passage à l’acte souvent violent, parfois criminel. C’est pour cela aussi que les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon il y a 48 heures doivent être pris au sérieux.

« Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, l’attentat la dernière semaine sur les Champs Elysées [en 2017] (…) Tout ça, c’est écrit d’avance. » Ces propos attisent la haine eux aussi. Ils invitent de manière insidieuse au passage à l’acte violent car ils font naitre un sentiment de rejet envers ceux qui auraient pu organiser les attentats de Toulouse  et des champs Elysées.

Dans les propos tenus par ce triste candidat à la présidentielle plusieurs affirmations sont fausses : L’affaire Merah n’est ni un grave incident ni un meurtre. La Justice a mis des mots sur les actes commis par Merah : acte terroriste, commis au nom d’une idéologie mortifère antisémite et djihadiste. JLM ne peut ignorer cette décision rendue par la Cour D’Assises spéciales, et en qualifiant les faits de grave incident ou de meurtre, il dénature volontairement les faits, les requalifie, et minimise leur gravité.

La notion d’incident ne peut s’appliquer à un attentat, et la notion de meurtre qui est le fait d’ôter la vie d’une personne sans qu’il n’y ait de préméditation ne correspond pas non plus à la réalité de ce qu’il s’est passé à Toulouse ou à Montauban.

Lorsque JLM indique Tout ca c’est écrit d’avance, il véhicule l’idée qu’il n’y a  jamais eu d’attentat, et que pire il s’agirait d’une histoire écrite à l’avance, donc prévue , organisée dans le cadre de la campagne présidentielle pour servir les intérêts politique de l’un des  candidats.

Le fait allégué est faux, et la mauvaise foi de JLM réside dans sa connaissance parfaite de la fausseté de son allégation.

Il connait parfaitement les faits en 2012, puisqu’en pleine campagne présidentielle ; alors que tous les candidats appellent à suspendre la campagne, lui fait la déclaration suivante dans une itv donnée au quotidien La depéche le 8 mars 2012 la poursuite de la campagne est au contraire « un acte de résistance morale, intellectuelle et affective. Il évoque même une violence telle que  personne ne pouvait l’imaginer en France ». Donc JLM en 9 ans s’est éloigné définitivement du pacte républicain. Ses valeurs ont dégringolé, sa parole s’est libérée, et ses mensonges et son antisémitisme se sont révélés. En tenant ces propos à une heure de grande écoute, JLM cherche des voix auprès d’un certain électorat.

Celui qui reste  convaincu malgré tous les procès tenus, malgré tous les comptes rendus d’audience repris par la presse, malgré tous les reportages qui ont été faits sur les attentats meurtriers qui ont ensanglanté la France ces dix dernières années, celui qui reste convaincu vous disais-je que derrière ces morts terribles, ce sont les juifs, les sionistes qui sont à la manoeuvre.

Lorsqu’un candidat à la présidentielle franchit cette limite qui consiste à véhiculer de telles idées, il les  instille dans des esprits plus faibles, plus perméables ceux là même qui ont mis une gifle hier au Président de la République, et qui demain pourront loger une balle dans la tête d’un autre candidat.

Car oui nous ne le dirons jamais assez, cette culture de la haine qui fut d’abord antisémite avant de devenir universelle, ce rejet de nos valeurs républicaines qui nous atteignit d’abord à nous, Juifs de France, et qui atteint désormais jusqu’au président de la République, doit être combattu par l’ensemble des citoyens et non plus seulement par les citoyens de confession juive.

Muriel Ouaknine Melki