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Patrick Klugman: « Ça réveille des choses insupportables, ça banalise, ça en atténue le sens et la portée »

Patrick Klugman, avocat de Samuel Sandler qui a perdu son fils et ses deux petits enfants dans l’attentat antisémite contre l’école Otzar-Hatorah, était l’invité d’Eva Soto, ce mardi matin à 8h50, sur Radio J. Il revient sur les propos de Jean-Luc Mélenchon dénoncés comme complotistes et leurs suites judiciaires. 

Le délai que Patrick Klugman a laissé au leader de la France Insoumise pour retirer ses propos est dépassé. Toutefois, « nous ne pouvons pas porter plainte puisque ce qu’a réalisé Jean-Luc Mélenchon par ses propos est un délit de diffusion de fausse nouvelle », explique l’avocat. Ce délit n’est néanmoins pas ouvert à la partie civile. « Il n’y a que le ministère public qui peut l’enclencher. »

Si Jean-Luc Mélenchon a, par la suite, témoigné de sa compassion aux victimes, « je ne comprends pas le sens de cette compassion dans la mesure où il ne revient pas sur les propos de nature complotiste, de nature à relativiser, à minimiser ce qu’ont été les attentats, notamment ceux perpétrés par Mohamed Merah ».

Face à cette situation, Samuel Sandler a « ressenti les premiers propos comme étant d’une violence inouïe. […] Ça réveille des choses insupportables, ça banalise, ça en atténue le sens et la portée. Je pense que c’est extrêmement grave. […] Il ne comprend pas ce que fait Jean-Luc Mélenchon. Il voit le jeu d’une stratégie politicienne dont on ne voit ni le but, ni le sens et qui est insupportable ».

Si le parquet venait à se saisir de cette affaire, Jean-Luc Mélenchon pourrait être « puni d’une peine d’amende ou d’emprisonnement ». Au-delà des conséquences juridiques, Patrick Klugman estime que Jean-Luc Mélenchon dit « n’importe quoi pour saisir la part radicale de l’opinion qui ne pourrait plus suivre le Rassemblement national dans la voie de la respectabilité. Si c’est une stratégie, je considère que c’est un bloc populiste qui se forme là et que […] Mélenchon va chercher les pires de la pire des manières ».

Cécile Breton