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Semaine politique décisive pour Israël

La séance de la Knesset en assemblée plénière aura lieu aujourd’hui à 16h. Mais ce n’est pas aujourd’hui que le parlement israélien décidera du sort du gouvernement Bennett-Lapid. Au plus tôt, le vote de confiance pourrait intervenir mercredi 9 juin et la décision est de la compétence du président de la Knesset précédente, le député Likoud Yariv Levin, puisque les députés élus le 23 mars dernier n’ont pas encore choisi de nouveau président. Il y a quelques jours, on pensait que Yariv Levin choisirait de faire trainer les choses, pour permettre au Likoud de poursuivre ses pressions sur les députés des deux partis de droite, et en particulier celui de Naftali Bennett, pour leur faire abandonner la nouvelle coalition.

Mais le camp pro-Netanyahou semble privilégier une autre tactique. Les huit partis qui se sont engagés mercredi dernier à suivre la coalition formée par Yaïr Lapid, n’ont pas encore terminé leurs négociations. Si les chefs de partis ont bien signé leur engagement de partenariat, ils n’ont pas encore finalisé le détail de leurs accords de coalition. Et si Yaïr Lapid veut soumettre son gouvernement au vote du parlement, il doit présenter ces accords de coalition totalement finalisés, au plus tard 24 heures avant le vote. Soit demain, pour un vote mercredi. Et la pression de l’horloge, ajoutée aux pressions personnelles sur les possibles maillons faibles du futur gouvernement, pourraient alors jouer en faveur du bloc Likoud.

Deux scénarios sont alors possibles. Soit un député du bloc Lapid-Bennett annonce avant le vote qu’il se retire de la coalition et alors il n’y a plus les 61 voix nécessaires pour obtenir la majorité. Dans ce cas, le vote n’a pas lieu et c’est la Knesset qui reprend la main pour 21 jours et qui doit trouver dans ce délai un député capable de réunir 61 voix de majorité autour de lui pour former un gouvernement. Soit la défection a donc lieu au moment du vote, et là en revanche, le parlement est censé acter sa dissolution et fixer une date pour des élections législatives anticipées.

Mais si le nouveau gouvernement obtient la confiance de la Knesset, il entre alors immédiatement en fonctions. Et c’est Naftali Bennett, le leader du parti Yamina qui en prend la tête pour la première rotation de deux ans, avec Yaïr Lapid en Premier ministre suppléant. Dans ce cas, la future coalition doit s’attendre à une opposition combative dont Benyamin Netanyahou devrait prendre la tête. Le leader du Likoud a déjà assuré qu’il parviendrait rapidement à faire tomber le gouvernement, qu’il devrait commencer par bombarder de propositions de loi que les députés de droite de la coalition auront du mal à censurer, car trop proches de leur positionnement politique.

C’est pour limiter ce risque, qu’un des premiers textes que devrait faire passer la coalition, si elle est investie, sera de limiter les mandats du Premier ministre à deux successifs, avec une période de quatre ans pendant laquelle il ne pourra pas se représenter. Dans l’espoir que si Benyamin Netanyahou prend la direction de l’opposition, il sera moins pressé de faire tomber le gouvernement, s’il ne peut pas aussitôt se porter candidat à sa réélection. Mais pour cela, il faut d’abord que Bennett et Lapid passent la première épreuve : celle de l’investiture de leur gouvernement.

Pascale Zonszain