(Crédit: DR)

Florent Brayard : « J’espère qu’avec ce livre, on offre des armes intellectuelles pour lutter contre l’antisémitisme »

Ce vendredi matin sur Radio J, Florent Brayard, historien, spécialiste de la Shoah et directeur de recherches au CNRS, et co-directeur du livre Historiciser le mal, édition critique de Mein Kampf, était l’invité du Morning d’Ilana Ferhadian, à 7h45.

Florent Brayard a fait le choix de rééditer Mein Kampf, parce qu’avec l’avènement d’internet, il est très facile de se le procurer. « Mein Kampf circule à la fois sur internet et en librairie, or il faut le mettre en circulation sous la seule forme appropriée et tolérable qui soit, c’est-à-dire celle d’une édition critique. » C’est la raison pour laquelle il comporte trois livres en un, une introduction générale, 27 introductions aux chapitres, une traduction fidèle au « texte original allemand imbuvable, car le style d’Hitler était très mauvais » et 2 800 notes pour montrer d’où vient l’antisémitisme. 

« J’espère qu’avec ce livre, on offre des armes intellectuelles pour lutter contre l’antisémitisme, en particulier à destination des professeurs, pour mieux former leurs élèves ». Mais il est aussi destiné aux historiens, aux étudiants de l’Université et à tous les passionnés d’histoire.

Pour que l’ouvrage voie le jour, Florent Brayard a été en étroite collaboration avec Olivier Mannoni pour la traduction ainsi qu’une dizaine de personnes, et concernant l’appareil critique, « nous avons eu la chance de louer un partenariat avec l’institut für Zeitgeschichte, institut d’histoire contemporaine de Munich », qui avait déjà fait une édition critique de Mein Kampf et qui donc a été d’une grande aide. 

Il est également important de préciser que la Fondation Auschwitz-Birkenau, chargée de la conservation du site du camp de concentration et d’extermination, percevra des droits au premier exemplaire vendu et la totalité des bénéfices qui pourraient être issus de la vente d’Historiciser le mal.

Lucie Claudon