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Paul Conge: « La plupart des attentats déjoués l’ont été alors qu’ils n’étaient qu’aux débuts des préparatifs »

Ce mardi matin sur Radio J, le journaliste à Marianne, Paul Conge, était au micro de Laurence Kahn, à 7h45. Il est revenu sur l’enquête au sujet de l’attentat déjoué en Moselle, contre une loge maçonnique, par le groupuscule néonazi « Honneur et nation ». 

Paul Conge a mené l’enquête et explique que depuis quelques mois déjà, la DGSI surveillait de près cette petite entité néonazie, baptisée « Honneur et nation » avec une base en Alsace, dans le Nord et dans les Ardennes. C’est une organisation de l’ultra droite. Six personnes avaient été interpellées en Alsace, début mai, dont trois ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Selon les enquêteurs, ils en étaient encore qu’aux préparatifs. Ils faisaient des repérages, les munitions avaient déjà été acquises et étaient en recherche d’explosifs. L’une des cibles visées : l’ancien grand maître du Grand Orient de France Jean-Philippe Hubsch. 

Ce que viennent souvent chercher les personnes qui rejoignent des groupes néonazis, c’est « une forme de camaraderie et une communauté de pensées », selon Paul Conge. Des liens sont possibles entre ces groupes et les partis d’extrême droite comme le Rassemblement National, par exemple. Thibaud Rufra, un des principal suspect de l’attentat, avait été candidat aux élections Municipales sur une liste du Front National à Haguenau (Alsace). Mais a priori, lorsque des néonazis sont découverts au sein du parti politique, « la politique de la maison c’est quand même plutôt de les exclure ». 

En soi la sphère d’influence de ces groupuscules n’est pas très grande, car ils ne représentent pas grand monde : « Honneur et nation » compte dix personnes, quelques groupuscules en Corrèze, comporte 25 personnes. « La dérive vers la violence ne concerne pas tous les groupes néonazis, il ne cherchent pas tous à faire des attentats, mais il suffit d’une personne un peu trop radicale, qui a un peu trop de suite dans les idées pour passer à l’acte ». 

Néanmoins, ce qui est intéressant c’est que la plupart des attentats déjoués l’ont été alors qu’ils n’étaient qu’au début des préparatifs. Cela signifie que les services de renseignements français ont ces mouvances à l’œil et les surveillent de très près.

Lucie Claudon