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Pierre Lurçat: « Le projet sioniste vise la cohabitation entre Juifs et Arabes avec une majorité juive souveraine »

Ce lundi matin à 7h45 dans le Morning d’Ilana Ferhadian sur Radio J, l’essayiste et spécialiste de l’histoire du sionisme, Pierre Lurçat, est revenu sur les conséquences des récents affrontements entre Israël et le Hamas, sur les relations entre Juifs et Arabes et le projet sioniste. 

Aux yeux de Pierre Lurçat, les 11 jours de combat entre Israël et le Hamas, sont « une espèce de remake tragique de ce qu’avaient vécu les Yishouv, il y a 100 ans », à la différence qu’Israël n’était pas encore un Etat. « 100 ans après le réveil est encore plus difficile, parce que voir des pogroms à l’intérieur d’Israël souverain, c’est non seulement un événement dramatique, mais c’est aussi une remise en cause des acquis fondamentaux du mouvement sioniste ». Pour lui, le projet sioniste ne vise pas à créer une terre inter-juive, mais à la cohabitation avec une majorité juive souveraine. C’est là toute la difficulté pour les Arabes, que « d’accepter de vivre en tant que minorité musulmane et de faire respecter les droits de la majorité ». 

Par rapport à Jabotinsky et sa théorie de la « muraille de fer » (« Kira Barzel »), c’est-à-dire une séparation symbolique entre Juifs et Arabes, Pierre Lurçat explique « qu’il n’était pas du tout hostile la présence d’Arabes en Israël mais il pensait que la dissuasion des Juifs devaient être suffisamment forte pour supprimer l’envie aux ennemis de nous attaquer ». 

Ce qui est important pour Pierre Lurçat, c’est la protection des civils israéliens et ce qu’il nomme ‘régression’ c’est le fait « qu’ils sont en première ligne, mais ce que nous avons vu dans ce nouvel affrontement militaire et les victimes israéliennes ont été une femme âgée et un enfant de 4 ans ». Ce ne sont même plus les soldats qui sont les cibles prioritaires. « Le Dôme de fer est d’un point de vue stratégique et des valeurs aussi une régression : c’est une arme purement défensive qui nous exonère de régler le véritable problème : la solution serait d’éradiquer les lanceurs de missiles. »

Au sujet de la situation politique en Israël, pour Pierre Lurçat, « Netanyahou a sans doute trahi d’une part son programme électoral et on voit aujourd’hui une véritable fronde au sein de l’électorat de Yamina. Je fais partie de ceux qui regrettent que Bennett ait accepté de rejoindre ce gouvernement. Je n’attends pas de choses positives de ce gouvernement ».

Lucie Claudon