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David Zivie: « La restitution, ce n’est pas seulement un objet qui est rendu, c’est aussi une mémoire »

Ce mercredi matin à 7h45 sur Radio J, David Zivie, chef de la mission de recherche et de la restitution de biens culturels spoliés, était au micro de Christophe Dard. Il revient sur le renouveau d’intérêt pour la restitution d’objets aux héritiers de propriétaires d’œuvres spoliées, ces dernières années.

Au moins 100 000 œuvres ont été saisies par les Nazis sous l’Occupation en France. Certaines familles obtiennent gain de cause devant la justice, d’autres héritiers de propriétaires d’œuvres spoliées attendent toujours la restitution. Toutefois, les choses semblent s’accélérer ces derniers mois. David Zivie explique « qu’après la guerre, on a ramené environ  60 000 œuvres et objets qui avaient été retrouvés en Allemagne. Sur les 60 000, 45 000 ont été restituées entre 1945 et 1950. »

A partir de 1990, on assiste à un regain d’intérêt pour ce sujet en France, mais aussi dans l’ensemble des pays d’Europe, « avec la mémoire de la Shoah qui prend une ampleur importante », un peu délaissé après les années 1950. Des archives s’ouvrent, on s’interroge sur la responsabilité de la France sous le régime de Vichy, le discours de Jacques Chirac en 1995 en atteste notamment. Depuis une dizaine d’années, les musées font davantage de recherches sur l’origine de leurs collections. Les gouvernements ont pris cette question à bras le corps et ont considéré que c’était la responsabilité de l’Etat, de faire la lumière sur les origines des objets. Selon David Zivie, la médiatisation de ce sujet a joué un rôle important : « C’est un sujet qui passe presque toutes les semaines à la radio, à la télévision, c’est un sujet qui passionne ». Il faut rappeler que la spoliation d’œuvres d’art est une toute petite partie des persécutions des familles juives pendant la guerre. La médiatisation a permis aux familles de faire des demandes, d’apporter dans certains cas des éléments nouveaux et « la restitution, ce n’est pas seulement un objet qui est rendu, c’est aussi une mémoire. C’est une manière de faire le lien avec les grands-parents, les parents ».

Lucie Claudon